MUSIQUE EN VIE N° 16

SEPTEMBRE 2004 EXTRAITS

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Pourquoi des extraits ? Parce que Musique En Vie est un support écrit dont tous les éléments ne peuvent être repris sur ce site (pages " détente" par exemple), ou bien sont déjà présents dans l'Actu du Jardin

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Sommaire
L'Edito d'Eugénie Alécian La rentrée Une année, c'est bizarre, non?
Tout au long de cette année anniversaire, nous faisons paraître des archives significatives de la vie du J.D.M.
Pour ce premier numéro : Extrait d’un article commandé à et écrit par Eugénie Alécian sur l'état de l'enseignement musical en France ...en 1980
et qui est tristement toujours d’actualité
A voir, à écouter Par Patrick LEGER Vu, entendu, commenté et conseillé ...
 

 L’EDITO

d’Eugénie Alécian

MEV N°16
SEPTEMBRE 2004

La rentrée.
C'est bizarre une année, non ? Que d'occasions de la souhaiter ! Le 1er
janvier, à chaque anniversaire de naissance, ou de mariage, ou de toutes
sortes d'événements :
Le Jardin De Musique par exemple fêtera officiellement ses 35 ans en 2005,
année de sa déclaration en préfecture. Mais en fait, ses graines ont des
racines beaucoup plus profondes, comme nous aurons bien sûr plusieurs
occasions d'en parler.
Mais pour le moment, l'année qui commence est la rentrée scolaire, ou
devrait-on dire l'année universitaire ?
Comment répondre aujourd'hui aux parents qui nous demandent si nous faisons
cours pendant les vacances ? Alors que pour les uns elles se terminent fin
août et jusqu'à fin octobre pour d'autres !
Comme nous vous l'avions annoncé, nous avons ouvert le bureau le 23 août.
Mais, oh surprise, alors que nous avons eu la velléité de déblayer quelques
jours avant pour être fin prêts, l'inspection du travail nous fait une
visite surprise le 18 août en s'étonnant que nos bureaux ne soient pas
ouverts toute l'année (mais non! ce n'est pas une blague).
Bref, tout se chamboule tout le temps. Où en étions-nous donc ?
Mon propos, pour cet éditorial du 17ème numéro de musique en vie, était tout
simplement de vous exprimer à la joie de retrouver nos anciens et nouveaux
é lèves ainsi que toute l'équipe du J.D.M. pour vivre une "année" intensément
musicale. Certes, elle ne fait que 10 mois, mais où est le problème ?
Ah, il manque 2 mois de travail ? En êtes-vous si sûrs ?
Pas moi. N'avez-vous pas remarqué que vos enfants ont grandi cet été ? N
ont-ils pas eux-mêmes été surpris d'avoir "progressé" ? Et c'est normal, car
le véritable vécu est dans le cœur. Et si nous arrivons à y faire vivre la
musique toute l'année, alors c'est qu'elle fut, et sera, très belle.

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Extrait d’un article commandé à et écrit par Eugénie Alécian sur l'état de l'enseignement musical en France ...en 1980
et qui est tristement toujours d’actualité

La pédagogie du Jardin De Musique

par mots et par images

Respect mutuel

 

 

L'écoute



L'empathie

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Une discipline tenue pour dérisoire.

La musique est une source de plaisir universel qui peut être donnée a tout le monde. Malheureusement les méthodes d’approche utilisées en France ont tendance a rendre ce plaisir difficilement accessible, laissant à une minorité le bonheur de savoir comment faire chanter son cœur.

 

… La première partie de l’article évoquait l’enseignement, ou la pratique de la musique dans les écoles primaires et secondaires

L’aberration qui consiste à séparer l’enseignement musical des autres disciplines a pour résultat de dissocier la notion de plaisir de celle de l’effort. Qui dit plaisir ne dit souvent que loisir et repos. Dès lors, le moindre effort s’apparente au travail, à la corvée et à l’autorité extérieure. Qu’il est alors difficile pour un enfant de faire dépendre le « résultat » de l’effort (c’est-à-dire du travail) régulier!

L’article traitait ensuite de l’enseignement dans les conservatoires et écoles municipales de musique

La formule du conservatoire permet à un grand nombre d’accéder à la musique, du moins en principe, car les municipalités ont de plus en plus de mal à assurer les frais très élevés, et augmentent les participations des élèves. Certains conservatoires ouvrent leurs portent aux enfants dès l’âge de cinq ans. Ceux-ci participent alors à des classes d’éveil, ou d’initiation musicale, encore appelées « jardins musicaux » (qui n’ont rien à voir avec l’association « Le Jardin de Musique »). Pendant un ou deux ans, les enfants, chantent, scandent des rythmes, apprennent à reconnaître des instruments, jouent ensemble. Le but de ces classes est d’éveiller le goût et l’intérêt de l’enfant et de l’amener à choisir un instrument en connaissance de cause. (En fait, ce choix est souvent fonction des besoins ou des disponibilités du conservatoire…) L’âge moyen d’admission dans ces cours se situe entre sept et huit ans. Tous les conservatoires (je ne connais pas d’éventuelle exception) exigent une pratique théorique d’un minimum de trois mois (dans le plus optimiste des cas) et d’un maximum de deux ou trois ans.

Imaginez-vous simplement étudiant le code de la route et la mécanique d’une voiture deux ans avant de pouvoir conduire, et vous comprendrez comment la notion de musique peut être déformée chez l’enfant lorsqu’il l’aborde enfin.

Lorsque l’enfant arrive en classe, il est animé d’un grand enthousiasme (surtout s’il est là de son propre gré). Il est dans un monde nouveau où s’éveille sa responsabilité puisque de lui dépend l’instrument. Il est tout près à s’engager dans cette grande aventure qui le mènera à faire ce qu’il veut, à maîtriser la beauté et surtout à s’exprimer. Le « beau » est essentiellement ce qui l’a amené à la musique. Puis d’autres réalités se manifestent : d’abord, c’est moins facile que prévu (il est rare de mêler plaisir et effort), on commence à se faire gronder, il faut « travailler » tous les jours, les morceaux ne sont pas « marrants », c’est fatigant. Et pour finir, cet examen qui fait souvent pleurer. Pour beaucoup, la musique devient corvée. Quand l’autorité parentale ne joue pas, les enfants « lâchent » rapidement.

Les professeurs sont souvent eux-mêmes obsédés par cet examen final, et ont pour principal souci de maintenir ou de donner un niveau. Le temps qui leur est imparti est bien insuffisant, et limite l’enseignement à son côté pratique. Ils ne peuvent pas « perdre leur temps » à former musicalement leurs élèves. S’ils le désirent, par conscience professionnelle, ou par amour, ils doivent prendre sur eux de sacrifier une partie de leur vie privée pour établir un contact plus libre, plus humain et plus riche. Les horaires prévoient en moyenne vingt minutes pour les deux premières années (D1, D2), une demi-heure pour les quatre années suivantes (P1, P2, E1 et E2), trois quarts d’heure pour les niveaux moyens (deux ans) et une heure pour le niveau supérieur. C’est effectivement suffisant pour qui limite son enseignement au précepte de base, mais certainement pas pour celui qui veut assumer tout son rôle éducateur.


Le coût énorme de l’enseignement instrumental justifie ces horaires. Le Pr Alain Louvier nous rappelle que c’est parce qu’il s’agit là d’un enseignement individuel. Ceci est malheureux à plusieurs niveaux. Tout d’abord parce qu’il est possible d’enseigner en groupe, et non pas seulement individuellement, et qu’un enseignement collectif à l’avantage bien évident de former d’autres qualités, ces qualités qui manquent justement à un musicien qui travaille toujours seul et qui reste le seul à s’entendre. L’émulation serait réelle et non pas déformée par l’esprit de compétition qui vient de ce que, à l’heure actuelle, les seules rencontres entre élèves ont lieu lors des concours. Et ceci est particulièrement valable pour les pianistes dont l’instrument est si riche et si complet qu’il se suffit à lui-même – état de fait malheureux pour les élèves qui ne peuvent même pas bénéficier des classes d’orchestre et sont souvent choqués de cette mise à l’écart. Le Jardin de Musique enseigne le piano en groupe et il n’est nul besoin pour cela de mettre cinq pianos dans une pièce.
Quel grand préjudice que celui causé par ailleurs par les examens ! La plupart ne respectent pas l’esprit de celui qui les. Trop souvent, ils en arrivent à penser que pour être les premiers, il faut que les autres soient mauvais, moins bons qu’eux passe. Il y a bien sûr les « bêtes à concours » qui veulent se battre et être les premiers, les meilleurs. La musique devient alors un instrument pour assurer une domination qui n’a pas pu s’exercer ailleurs, en famille ou à l’école. La musique ne porte plus en elle d’amour universel, ce qui est évident lorsqu’on écoute des musiques contemporaines agressives, destructives, aristotéliciennes.
Pour d’autres, ces examens représentent une sanction, qu’ils ne peuvent comprendre puisqu’ils sont censés être là pour leur plaisir, et ils sont souvent désarmés devant l’épreuve. D’autres encore n’ont pas le même rythme que leurs camarades et se sentent diminués alors qu’ils ont les mêmes possibilités, mais d’une manière différente, de s’accomplir en pratique. Chaque enfant, chaque être a ses propres qualités. Il est différent et unique et c’est ce qui fait la richesse de l’humanité, qui autrement ne serait composée que de robots.
Ce qui aurait dû servir d’émulation est un tremplin pour les uns, et un poteau de torture pour les autres. Du fait de ces examens s’opère très vite une sélection qui permet, en évinçant « les moins bons », d’obtenir des « niveaux très élevés » qui font l’honneur des professeurs et directeurs, au risque de dégoûter ou d’éloigner de la musique grand nombre d’enfants. Le problème se pose exactement dans les mêmes termes pour les adultes, de plus en plus nombreux, qui fréquentent les conservatoires.

Aujourd’hui, on pourrait corriger, hélas, en disant que si la demande adulte augmente régulièrement, l’accueil, lui diminue considérablement.
A part ces quelques remarque, pas un mot n’a été changé dans cet article écrit en 1980 .


Le Jardin De Musique de son coté cherche à développer certains aspects qui sont toute fois négligés dans de nombreuse institutions musicales ; conservatoires, écoles de musique…

Sont privilégiées cinq directions principales :

Le toucher, la perception, en tant que facultés qui permettent de prendre directement conscience du monde extérieur.

Le geste juste, à l’endroit juste et la maîtrise des muscles, ainsi que les réflexes, pour créer un équilibre qui se répercute à chaque moment de la vie quotidienne.

L’ouïe et la vision qui favorisent le sens de l’observation, l’esprit critique.

L’harmonie et le rythme, qui, bien enseignés, renforcent le pouvoir d’analyse et de synthèse, dégagent d’eux-mêmes un esprit mathématique, géométrique et architectural, et qui, éveillant le sens de l’effort, affermissent la volonté, la ténacité et la concentration.

Et enfin, une sensibilité qui provoque l’épanouissement d’un monde intérieur, le « soi développement », qui ne peut que favoriser la sociabilité, la générosité et la bienveillance.

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LA GRANDE FETE 2005
SOUVENIRS

 

Ce temps d'été est toujours l'occasion de retours sur des choses entrevues (ou entre écoutées...) dans l'année et que l'on souhaite approfondir ou simplement entendre avec une oreille plus disponible. Cela est aussi valable pour tout ce qui se regarde, se lit, et de manière plus générale s'adresse à notre sensibilité et à notre jugement. Je vous livre quelques impressions diverses en ce sens...
Nous avons été nombreux à aller voir "les Choristes" et aussi nombreux à nous réjouir de la popularité d'un film qui montre et défend des valeurs qui nous sont chères, en tant que parents et éducateurs. Les enfants ont eux-mêmes fort bien capté le sens et la qualité de ce film intéressant à plus d'un titre. Sur le plan musical, j'ai particulièrement apprécié le niveau des chansons et des chœurs. Il est donc parfaitement possible d'écrire et de chanter une musique simple, dans le meilleur sens du terme, accessible et néanmoins raffinée. Il est aussi possible de toucher des millions d'individus avec cette même musique, ce qui est rassurant en ces temps de standardisation et d'uniformité du langage de la musique dite populaire. Une oasis dans le désert, certes... Mais l'on sait à quelles point les oasis sont précieuses et indispensables...
Dans le même ordre d'idées, j'ai visionné à nouveau le merveilleux film documentaire tourné dans la classe unique d'une petite école primaire du Massif Central :"Etre et avoir". A louer d'urgence si vous ne l'avez pas encore vu! Au-delà de l'authenticité du propos, de l'exigence et de l'humanité qui s'en dégage, il est plus qu'intéressant de voir à l'œuvre un instituteur qui travaille comme un guide et un transmetteur, appliquant naturellement des principes de pédagogie de groupe favorisant le respect, l'écoute et l'émulation... Ces termes vous sont familiers? Rien d'étonnant!
Ce sont les nôtres et ce souci constant est celui qui nous anime également...
Quelques disques de chevet, dans des registres différents, la diversité est nécessaire...
- L'album des "Choristes" justement, et pas seulement pour les deux ou trois morceaux phares. Il est d'ailleurs souhaitable de ne pas tout écouter d'affilée pour mieux en profiter...
- Dans la chanson française, le dernier Cabrel, qui comme les bons vins, se bonifie avec l'âge... Textes de maturité, sensibles avec une distance voire une légère ironie bienvenues, des musiques blues rock au swing imparable et une façon unique de dire les mots avec un placement rythmique impeccable. D'une manière différente, une façon de "faire tourner" la langue française aussi personnelle que celle de Jonasz ou de Nougaro autrefois.
Dans la catégorie "variété internationale" au sens large, mon album préféré de l'an passé reste celui de Seal, grand (dans tous les sens) chanteur black, entre pop rock, rythm'n'blues, ballades soul, le tout dans une réalisation actuelle efficace mais sans démonstration technologique de mauvais goût. Avec au premier plan une voix splendide qui se permet d'être à la fois pure et légèrement éraillée, comme le sont souvent les plus belles voix noires. Titre du disque: Seal 4.
- Changement total de cap: Si vous souhaitez entendre un très jeune quatuor à cordes d'aujourd’hui, et revérifier par la même occasion que la bonne musique est intemporelle, procurez-vous le CD du Jerusalem Quartet interprétant trois des plus célèbres quatuors de Josef Haydn, le père du quatuor à cordes. Mélodies irrésistibles, inventivité rythmique constante, écriture polyphonique claire, tout cela défendu par de très jeunes musiciens qui empoignent ces œuvres si vivantes à bras-le-corps, respectueux des traditions et offrant néanmoins une approche décapée et décapante de ces modèles du genre, qui représentent vraiment ce que l'on appelle la musique "classique" et recouvre en fait uniquement la seconde moitié du XVIIIème siècle...
Pour ceux qui aiment le vrai beau piano, et ils sont nombreux !!!
Il est toujours remarquable de voir que des artistes de haut niveau peuvent consacrer une partie non négligeable de leur vie à affiner, pour la transmettre, leur vision
d’opus aussi importants et difficiles que celui des 32 Sonates pour piano de Beethoven. C'est le cas de Stephen Kovacevich, artiste probe, exigeant, investi dans son art de manière totalement accomplie. Son intégrale (chez EMI) parue pour Noël dernier est le fruit d'un travail élaboré sur une quinzaine d'années et qui se paie le luxe de n'être en rien une redite des enregistrements fameux et aussi éclairants que ceux de Kempff, Brendel, Arrau, pour ne citer que les plus célèbres... On a le sentiment inouï avec Kovacevich d'entendre certaines de ces sonates pour la première fois ou du moins d'avoir accès à une matière sonore et un propos étonnamment neufs, avec un geste pianistique et une approche générale complètement différentes. Une autre voix pour d'autres voies, qui nous prouve, si besoin était, combien cette musique à encore et toujours à nous apprendre...
Avant de vous quitter, pour cette fois...
2004 marque le tricentenaire de la mort de Marc Antoine Charpentier (1643-1704), l'un des plus grands compositeurs français, rival de Lully, et dont la musique tant sacrée que profane nous parle aujourd'hui avec une pertinence et une résonance toutes particulières. L'événement est fêté abondamment (concerts partout, de qualité le plus souvent et rééditions de CD en pagaille...). La plus belle de ces rééditions est sans conteste celle de William Christie à la tête de ses Arts Florissants (le nom d'une pièce fameuse de Charpentier). Un coffret de cinq CD à petit prix nous livre dans des enregistrements de référence un panorama très large de son œuvre. Pour savoir ce que véritable musique baroque veut dire...
Pour finir, une phrase de Stravinsky, qui se passe de commentaire...
" Une tradition véritable n'est pas le témoignage d'un passé révolu. C'est une forme vivante qui anime et informe le présent..."
Excellente rentrée à tous, petits et grands, et au plaisir de vous retrouver bientôt...
Patrick Léger


SORTIR A COURBEVOIE : LES MIROIRS DU BAROQUE
L’année 2004-2005 sera une année très riche en programmes divers, conseillés, ou bien même préparés par le Jardin de Musique.
Pour les amoureux de la musique baroque, et aussi pour ceux qui ont l’esprit animé par la curiosité, Musique en Vie s’intéresse à la série intitulée « Les miroirs du baroque ».
Cette série sera axée autour de quatre spectacles majeurs ;
Tout d’abord un concert d’Olivier Baumont au clavecin qui interprétera un florilège d’œuvres majeures de la musique baroque, le mercredi 1er décembre à 20h30
« PIMPINONE ou le mariage malheureux », opéra chorégraphique, voyage vers l’art de la comédie dramatique, le jeudi 2 décembre à 20h45.
L’Ensemble Arpeggiata explorera le mythe de « la tarentella » ,danse mystérieuse et magique venue d’Italie, le jeudi 9 décembre à 20h45.
Enfin pour finir en beauté, « Le neveu de Rameau » de Diderot, mis en scène par Jean-Pierre Rumeau, achèvera de nous convaincre de la richesse de cette période : le dimanche 12 décembre à 16h00.
Les porteurs de la carte J.D.M. disposerons de tarifs privilégiés pour tout les spectacles de la ville, mais selon un quota de disponibilités.