MUSIQUE EN VIE N°18

décembre 2004 - janvier 2005

L'Editorial d'Eugénie ALECIAN Des bienfaits du groupe

Jean Alécian (Président du J.D.M.)

Article d'archives 1970

Interactions groupe-individu
Entretien avec 2 élèves : Marine et Nathan Quand un enfant joue dans les maisons de retraite
Par Marion RIGAUD: Pour mieux connaître l'artiste qu'on interprète Qui est Erik Satie ?
Le saviez-vous ? Par Albéric LESPES

ou l’origine de la notation musicale

Qu’est ce qu’un piano ? écrit par Marion Rigaud

Question pas du tout superflue !

Le piano à découvrir de l'intérieur

Haydn par Patrick LEGER Un compositeur sous estimé
Au Sénat : Récital de notre Ténor Ruben ELBAKIAN

Le Chant Napolitain

 





 

L’EDITORIAL D’EUGENIE ALECIAN

Des bienfaits du groupe

Nous insistons fréquemment sur les bienfaits de la pédagogie de groupe. Vous pourrez d’ailleurs lire dans ce numéro un article écrit en 1972 par notre actuel président sur « l’interaction groupe-individu » avec le groupe de « jeunes chercheurs du Jardin de Musique ». Mais ces bienfaits ne profitent pas qu’aux élèves. L’équipe pédagogique est partie intégrante de ces groupes. Il est donc logique, normal et souhaitable qu’elle aussi recueille des bienfaits de cet espace de vie partagé toutes les semaines par élèves et enseignants ne serait ce qu’une heure aussi.

L’anniversaire de nos 35 ans sera organisé par un professionnel, et qui a demandé à nos enseignants quelques mots-clefs sur leur « vécu » au J.D.M., et sur ce qu’il leur apporte.
Voici les premiers termes que nous avons recueillis :

• Respect mutuel
• Ecoute des autres / de soi
• Le groupe comme vecteur de développement et d'épanouissement personnel
• Recherche d'équilibre, d'harmonie, de beauté
• Expression de l'authenticité de chacun
• Interactivité permanente, mouvement
• Apprentissage de la musique mais également apprentissage "par" la musique.

A lire ces quelques mots, on comprend que l’enseignant vie aussi en empathie avec ses élèves et partage leurs efforts, leurs peines et leurs joies.
Vivre et non re-vivre, car même si notre expérience nous apprend à agir et réagir différemment face à une expérience souvent réminiscente, chaque rencontre, chaque nouvel instant de vie musicale nous ouvre l’avenir et le devenir de tous les membres du groupe.

Une autre fois, nous élargirons ce groupe à l’équipe administrative, aux parents, au public…

Eugénie Alécian

 

 

ENTRETIEN AVEC NATHAN ET MARINE :

Marine et Nathan sont deux élèves du J.D.M. Ils ont déjà participé à des récitals pour des maisons de retraites, nos deux élèves se portent volontaires pour nous faire part de leurs impressions personnelles.

 


En quelle année avez vous fait ce récital ?
N : « C’était il y a deux ans »
M : « Je ne sais pas, ils y en avaient plusieurs. Je ne me rappelle plus exactement c’était quand, il y a plus de deux ans. »
Quelles sont les impressions que vous gardez de cette expérience ?
N et M : « Nous ne regrettons pas, c’était une bonne expérience. »
Aviez-vous des appréhensions avant de faire le concert ?
N : « Oui, je pensais que ça allait être ennuyeux et j’avais un peu le trac, mais ça c’est bien passé »
M : « J’avais un peu peur aussi » (rire)
Quelles étaient vos motivations pour jouer pour la maison de retraite ?
N : « Je voulais jouer pour les personnes âgées, pour leur faire plaisir. »
M : « Je ne sais pas…, on me la proposé, j’ai dit oui. »
Comment s’est déroulé le récital ?
M et N : « Il y avait une trentaine de personnes, c’était impressionnant, puis on a joué. »
N : « Quand j’ai joué le morceau, j’etais tout seul à jouer et ça a duré à peu près deux minutes. »
M : « Moi j’ai joué quatre morceaux dont l’un s’appelait l’eau vive. »
Qu’avez-vous ressenti à la fin du récital ?
M et N : « Les gens étaient contents, ils ont applaudi, c’était bien. Ca nous a donné de l’assurance et de la fierté. »
Seriez-vous prêt à le refaire ?
M et N : « Oui »

 
En 2005, le Jardin de Musique fêtera ses 35 ans. Cette année est également celle du quatre-vingtième anniversaire de la mort d’Erik Satie qui sera sans doute à l’honneur au J.D.M. L’occasion de revenir sur la vie et l’œuvre de ce compositeur.


Sa vie.

Alfred Erik Leslie Satie est né à Honfleur, dans le Calvados, le 17 mai 1866. Déjà tout petit, il baigne dans la musique : son père courtier maritime mélomane se reconvertit dans l’édition de musique et épouse en second mariage une pianiste et compositeur, sa première femme étant morte quand Erik Satie avait 7 ans. Il apprend d’abord l’orgue avec son oncle dans sa ville natale avant d’intégrer le conservatoire de Paris en 1879. Il continue à y apprendre l’orgue mais aussi le piano et l’harmonie. Il en est renvoyé en 1882 pour absentéisme et incompétence. Il s’engage dans l’armée mais celle-ci le déçoit tout autant que le conservatoire. Il commence alors une vie de bohème en jouant dans les cabarets montmartrois et en particulier celui du « Chat noir ». Bien que très religieux, il adhère à la secte des Rose-croix en 1892 et en devient le compositeur officiel. Il fonde ensuite sa propre église « métropolitaine d’art et Jésus conducteur ». Lassé d’être vu comme un amateur, il reprend ses études à l’âge de 40 ans à la Schola cantorum, école de musique parisienne, pour y travailler le contrepoint, la fugue, et l’orchestration. Il y obtient son unique diplôme qui lui permet de se produire en concert. C’est lors d’un de ces concerts que le surréaliste, Jean Cocteau, le remarque en 1915 et le propulse au rang de référence de l’art de son temps. Il dit de lui : « Satie est le contraire d’un improvisateur. On dirait que son œuvre est toute faite d’avance et qu’il la dégage note par note, méticuleusement. Satie enseigne la plus grande audace de notre époque : être simple ».En 1923, il rejoint le Groupe des six, formé des compositeurs, Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honegger, Darius Milhaud, Francis Poulenc et Germaine Tailleferre, réunis autour de Cocteau. Satie meurt le 1er juillet 1925 dans le dénuement et la prostration malgré une popularité importante.

Son œuvre.

L’œuvre d’Erik Satie est vaste. Il a écrit de nombreuses partitions sans barres de mesures et sans chiffrage. Cette particularité ne lui est pas propre, mais à son époque, elle est quelque peu oubliée. Dans le passé, on pouvait la retrouver dans les opéras, où un soliste improvisait et montrait ainsi son talent. On lui doit des musiques de scènes et ballets parmi lesquelles on retiendra Parade (1917) ou Relâche (1924) ; des musiques pour orchestre dont le drame symphonique Socrate (1918) et En habit de cheval (1911) ; des musiques pour violon et piano, la plus célèbre étant Choses vues à droite et à gauche, sans lunettes (1914). Trois mélodies (1886), Trois poèmes d’amour (1914), Trois maladies (1916) sont des œuvres importantes de ses musiques pour piano et voix. Mais les Trois Gymnopédies (1888)et les Six Gnossiennes (1890-1897) sont sans doute les plus connues. Ce sont des œuvres pour piano tout comme Trois morceaux en forme de poire (1903).

 

Satie au Jardin De Musique

Une partie de mon groupe et moi-même travaillons en ce moment sur les Gnossiennes et en particulier sur la n°1. A cette occasion j’ai demandé à mes camarades pourquoi ils avaient choisi de travailler du Erik Satie et pourquoi cette Gnossienne. Leur réponse a toujours été la même : pour le climat mystérieux, étrange dans lequel cette musique vous plonge et pour ce coté marginal de l’écriture. J’ai ensuite demandé à notre professeur, Patrick Léger, pourquoi il avait accepté de nous faire travailler ce morceau. Selon lui, la musique d’Erik Satie dégage un sentiment de grande liberté, d’originalité, une fantaisie qui séduit. De plus par son climat étrange dû à l’emploi de gammes plus larges que celles majeures et mineures et son écriture, il est immédiatement reconnaissable. Un grand atout de la musique Satie c’est qu’elle est facilement accessible pianistiquement. Le déchiffrage est aisé, notamment grâce aux éléments qui reviennent, ce qui permet d’accéder rapidement au stade de l’interprétation. Pour lui, Erik Satie plait aux groupes d’adolescents qui préfèrent le répertoire pop rock, blues ou jazz et à certains adultes, parce qu’ils sont surpris par la créativité de son discours et l’originalité du langage qui n’est pas relié au langage classique. Il ne fait pas référence à ce que nous n’aimons pas dans le classique. Ce langage original apporte quelque chose de neuf. Il est proche de celui de la pop au sens large du terme. Erik Satie séduit par l’univers poétique créé par la grande variété de mode mélodique joint à des types d’accords déjà entendus mais dont l’enchaînement n’est pas « classique ». L’harmonie n’est pas reliée à de choses déjà entendues. « Le climat de Satie est une humeur musicale qui correspond bien aux états d’âme d’individus qui ne sont plus dans l’enfance et pas encore adultes. »

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Erik Satie et l’humour

Erik Satie a toujours utilisé l’humour. Lorsqu’il voulait dénoncer les préjugés qu’il avait reçus, il employait celui-ci afin que personne ne puisse vraiment savoir ce qu’il pensait réellement. Il se moque même de ses propres œuvres dans « Mémoires d’un amnésiaque » qui n’aurait sûrement jamais été édité s’il n’avait pas été écrit par Satie lui-même. L’humour fait partie intégrante de son œuvre. On le retrouve aussi bien dans les titres de ses oeuvres musicales : Trois airs à fuir, Trois airs de travers, Choses vues à droite et à gauche, sans lunettes ; que dans des citations : « S'il me répugne de dire tout haut ce que je pense tout bas, c'est uniquement parce que je n'ai pas la voix assez forte. », « Quiconque habite une tour est un touriste. », « Au régiment, si par hasard vous êtes tambour, même sur l'ordre du colonel, ne vous avisez jamais de battre la générale. ».(voir page 10 d’autres citations plutôt marrantes).
Mais l’humour de Satie est le plus clair dans ses didascalies écrites sur ses partitions. On peut retrouver par exemple « vivache » à la place de « vivace » (sonatine bureaucratique) ou encore « Sur la langue », « postulez en vous-même », « du bout de la pensée » (gnossienne n°1).
Satie a également écrit un pastiche de la marche funèbre de Chopin, (deuxième pièce des « embryons desséchés ») où il écrit « citation de la célèbre Mazurka de Schubert » (Alors que Schubert n’écrivit aucune Mazurka ‘célèbre’ tandis que c’était un des genres favoris de Chopin).


Erik Satie est un des pères de la musique contemporaine par son travail sur les sonorités et les couleurs. Il laisse une œuvre vaste reprise aujourd’hui mais dont les interprétations diffèrent très peu. Satie reste un personnage marginal, sans doute à cause de son humour surprenant au premier abord. N’oublions pas de dire qu’il a influencé de grands compositeurs comme Debussy, Poulenc, Ravel.

Marion Rigaud

A lire :

Correspondance presque complète, Erik Satie Ornella Volta
L’ymagier d’Erik Satie, Ornella Volta
Satie Cocteau les malentendus d’une entente, Ornella Volta

A écouter :
L’oeuvre pour piano
Gnossiennes- Gymnopédies - Morceaux en forme de poires etc.

Sources :
www.france.diplomatie.fr/culture/galerie_composit/satie.html
http ://fr.wikipedia.org/wiki/Erik_Satie
www.musicologie.org /Biographies/satie.html


« Certains, jeunes gens, sont bien vieux pour leur âge. »

Erik SATIE

 
JOSEF HAYDN: UN TRES GRAND COMPOSITEUR SOUS-ESTIME

Bien que le nom de Josef HAYDN (1732-1809) soit pratiquement aussi connu que
ceux de MOZART (1756-1791) et de BEETHOVEN (1770-1827), son oeuvre gigantesque est relativement peu jouée et sa place dans l'histoire de la musique reste souvent un peu floue. Et pourtant...

Si l'on regarde les dates, HAYDN a 18 ans à la mort de BACH (1685-1750), sa vie englobe celle toute entière de MOZART et BEETHOVEN, qui a déjà 39 ans lorsque HAYDN disparaît, ne lui survivra qu'une petite vingtaine d'années.

HAYDN est ainsi le seul grand musicien dont la carrière démarre en plein baroque allemand pour se terminer aux portes du romantisme naissant,
recouvrant entre-temps toute l'époque dite "classique", puisque il est
entendu que ce terme ne désigne en réalité que la seconde moitié du XVIIIème siècle. Il est donc impropre de parler de "musique classique" à propos de RAMEAU, BACH, BRAHMS ou DEBUSSY par exemple...

Cet âge vraiment "classique" compte en fait trois compositeurs essentiels, qui en incarnent à eux seuls la quintessence: MOZART, BEETHOVEN et... HAYDN! A tel point qu'on les a souvent désignés comme étant la "Trinité classique viennoise"!!!

HAYDN a eu une vie probablement moins emblématique, moins passionnante et surtout bien plus régulière que celle de la plupart des grands compositeurs, MOZART et BEETHOVEN évidemment inclus. Mais c'est de l'oeuvre dont il convient de s'occuper...

Josef HAYDN est né le 31 mars 1732 en Basse-Autriche, dans un milieu artisanal. A 8 ans, il entre comme "sopraniste" dans la prestigieuse Maîtrise de la Cathédrale Saint-Étienne de Vienne où il restera jusqu'à l'âge de 17 ans, sa voix ayant alors mué... Il y aura reçu une solide formation musicale et commencé à composer. Ses années de jeunesse sont difficiles, comme pour beaucoup. Il gagne sa vie en jouant dans de petits orchestres et en composant à la commande.
Peu à peu, il entre en contact avec l'aristocratie viennoise et tous les artistes qui la fréquentent, en enseignant le clavecin. Il va ainsi faire la connaissance de Nicola PORPORA, célèbre compositeur napolitain, qui l'engage comme accompagnateur au clavecin et lui enseigne la composition. C'est, pour HAYDN, l'ouverture sur le monde de l'opéra italien et la rencontre avec
GLUCK.
Puis il entre au service de quelques-uns des grands aristocrates de l'époque, qui ont tous leur propre orchestre et même souvent leur propre théâtre. Il compose pour eux déjà à cette époque dans tous les genres qui feront sa gloire.
Nous sommes en 1761. HAYDN se rend à Eisenstadt, chez le prince Paul Anton ESTERHAZY qui lui offre la place de vice maître de chapelle. Après la mort de celui-ci l'année suivante, son frère Nicolas lui succède à la tête de la famille. HAYDN devient premier maître de chapelle. Il le restera pendant 30 ans, soit jusqu'en 1792... Les années 1762-1765 verront la naissance des premières symphonies (HAYDN en composera 106!!!).
En 1766, le prince transfère sa résidence au somptueux palais de Estheraza, un Versailles local, avec un théâtre d'opéra et un théâtre de marionnettes...
C'est ici que HAYDN va déployer la plus grande partie de son activité musicale. Directeur des théâtres, compositeur d'opéras, metteur en scène (il montera plus d'une centaine d'oeuvres...), compositeur de musique sacrée, il va écrire de plus en plus dans les deux formes qui lui resteront étroitement liées et auxquelles il a donné leurs lettres de noblesse: la symphonie et le quatuor à cordes. On peut même dire qu'il en est, sinon le créateur, en tout cas celui qui conduira progressivement ces deux genres à la maîtrise formelle dont hériteront ses successeurs, à savoir, en ligne directe: MOZART et BEETHOVEN...
Si HAYDN précise et enrichit de plus en plus les formes précitées, il fait également évoluer de façon décisive tout ce qui a trait à l'orchestration, s'affranchissant peu à peu de l'instrumentation caractéristique de l'époque baroque. A cet égard, il est passionnant de confronter par exemple les trois symphonies dites "le Matin, le Midi et le Soir" (respectivement n° 6, 7 et 8, datées de 1761, encore proches du concerto grosso baroque et de la musique italienne du début du XVIIIème siècle) et le prestigieux ensemble des 12 "Symphonies Londoniennes" composées entre 1791 et 1795, qui constituent un des sommets de toute la musique d'orchestre, au même titre que les grandes symphonies de MOZART (et dans une écriture assez similaire)
et celles de BEETHOVEN.


 

 

 

 

Peu d'évènements marquants dans la vie personnelle de HAYDN: un mariage malheureux (son épouse ne supportait pas la musique!!!), une longue liaison secrète avec une chanteuse (dont on peut penser qu'elle la supportait!!!) et, fait le plus célèbre, son amitié avec MOZART.
En 1785, HAYDN entre dans une loge maçonnique de Vienne (sous l'influence de MOZART?). Mais en 1790, le prince Nicolas meurt, et l'orchestre est dissous.
Doté d'une confortable pension, HAYDN s'établit à Vienne. Le plus grand impresario de l'époque, SALOMON, le convainc de se rendre à Londres. HAYDN y dirige mais surtout y crée en 1791-1792 ses propres symphonies (n°93 à 98) qui y rencontrent un succès immense. A son retour à Vienne, il rencontre le jeune BEETHOVEN, qui sera un temps son élève, mais la qualité de leur relation sera loin d'égaler la profonde amitié avec MOZART, dont la mort a causé à HAYDN un choc véritable. Second séjour à Londres en 1794-1795 et création des symphonies n°99 à 104. Nouveau triomphe. Le succès et la
réputation de HAYDN sont internationaux, et il est considéré comme le plus grand compositeur vivant.
En 1795, le nouveau prince ESTERHAZY, Nicolas II, recrée l'orchestre à sa cour et HAYDN en reprend la direction. De cette dernière grande période de création, datent les deux célèbres oratorios, "la Création" (1798) et "les Saisons" (1801). L'hymne à l'Empereur Franz 1er, composé en 1797 pour l'anniversaire de ce dernier, deviendra l'hymne autrichien, et l'hymne allemand par la suite.
Après un ultime quatuor, inachevé, en 1803, HAYDN cesse d'écrire. Citoyen d'honneur de la ville de Vienne, véritable légende vivante, il assiste encore en 1808 à une représentation de gala dirigée par SALIERI (le prétendu" rival" de MOZART dans le film - très éloigné de la réalité - de Milos
FORMAN, "AMADEUS") de son oratorio "la Création", au cours de laquelle le monde musical de Vienne (où l'on sait ce que musique veut dire...) lui rend hommage.
HAYDN meurt l'année suivante, en 1809, dans Vienne occupée par les troupes de Napoléon.

En 1785, HAYDN compose une oeuvre particulièrement originale, de forme inhabituelle: une introduction et un épilogue encadrent sept épisodes correspondant aux "Sept dernières paroles du Christ en croix". D'abordécrite pour orchestre, cette oeuvre sera ensuite adaptée par HAYDN pour quatuor à cordes, puis pour piano et enfin sous forme d'oratorio (donc avec choeurs et orchestre). C'est là l'une de ses créations les plus poignantes et ce sera l'un des grands succès du siècle finissant.
Peu à peu, tout en travaillant continuellement au service du prince
ESTERHAZY (certainement l'un des plus grands mécènes de toute l'histoire), HAYDN parvient à "exporter" sa musique et à la faire connaître à l'Europe entière, essentiellement ses quatuors à cordes (il en écrira 68, la plupart regroupés par cycles de six). C'est même à sa manière l'un des premiers musiciens à s'occuper avec tant d'acharnement et de savoir-faire de la publication et de la diffusion de ses oeuvres.

Qu'écouter aujourd'hui de cette abondante production dûe essentiellementà la situation protégée (et tant mieux pour la musique et pour lui-même...) qui fut celle de HAYDN sa vie durant?

- Parmi les symphonies, la trilogie des n° 6,7 et 8 évoquées plus haut, dans une interprétation baroque, puis un florilège de celles du "milieu" ( entre les n° 26 à 65, dites "Sturm und Drang") dans un coffret avec the English Concert dirigé par Trevor PINNOCK et enfin les 12 grandes Londoniennes (n° 93 à 104) dans l'enregistrement superbement classique d'Eugène JOCHUM avec le London Philarmonic Orchestra.

- Pour les quatuors à cordes, géniaux dans leur ensemble, merveilleuse introduction à la musique de chambre en général et d'un abord très accessible, on peut sans souci faire confiance à un excellent quatuor hongrois, le Quatuor KODALY, qui a enregistré l'intégralité de ces oeuvres, heureusement distribuées par la firme Naxos (chaque CD coûte 8 Euros!).
Ecouter de préférence les opus 20, 33, 64 et 76 (chaque CD renferme trois quatuors, un opus en contenant six...).

- 62 Sonates pour piano!!! Catherine COLLARD, très belle pianiste trop tôt disparue, a laissé un enregistrement d'une vie et d'une sensibilité magnifiques, d'une sélection de ces sonates (qui à mon avis sont aussi belles, et même parfois plus... que celles de MOZART!). Un coffret de trois CD, trouvable partout, à très petit prix.

- Les deux grands oratorios: "la Création" par KARAJAN (version1966), MARRINER (version 1980) ou HARNONCOURT selon les goûts classique ou baroque
et "les Saisons" dans la récente version de René JACOBS, parfaite de vitalité, de poésie et d'équilibre voix/orchestre, avec des effectifs " dégraissés" de 40 musiciens et 40 choristes environ et une instrumentation baroque pertinente et colorée.

Restent encore de magnifiques Trios piano/violon/violoncelle dont les derniers sont une porte ouverte vers SCHUBERT, de façon incroyablement prémonitoire (un coffret somptueux du BEAUX-ARTS TRIO) et les différentes versions des "Sept dernières paroles du Christ en croix" dont je vous ai parlé, oeuvre d'une magnifique intériorité...

A vous de faire votre parcours au coeur de l'oeuvre d'un compositeur toujours inspiré, garant de l'équilibre classique dont il est l'un des plus beaux fleurons, d'une élégance, d'une inventivité mélodique et rythmique jamais démenties, et au sein de laquelle on découvre des trésors de musique pure, entre émotion, humour (et oui, l'humour existe aussi en musique!) et
sérénité.

Alors, laissez-vous tenter... Vous ferez de splendides découvertes !

PATRICK LEGER

 
 
 
La musique est une forme de langage, elle se parle (le fait de la jouer), elle s’écrit et se lit. La question que nous nous posons ce mois ci, est de savoir d’où vient cette harmonieuse calligraphie musicale ?

De nos jours, tout musicien est capable de lire une partition de musique. Reconnaître un DO en clef de SOL ou un RE en clef de FA relève d’un exercice enfantin pour n’importe quel musicien confirmé. Or il y a quelques temps, il n’était pas si facile de différencier la hauteur et la durée d’une note avec une autre. La retranscription musicale d’aujourd’hui, est le fruit d’une longue évolution de tentative d’écriture.

Nous savons que la musique remonte à très loin, déjà les hommes primitifs émettaient des sons à l’aide de bouts de bois, d’ossements ou de pierres. Puis elle s’est développée très vite avec l’invention de nouveaux instruments.
Le problème est qu’il n’y avait aucun moyen de l’écrire, donc le passé de la musique reste assez flou. Vers 500 ans après Jésus Christ, étant donnée l’ampleur que prenait la musique, surtout dans les églises, le pape Grégoire 1er ( à qui l’on attribue les Chants Grégoriens) à fondé une sorte d’institution musicale ou l’on apprenait à jouer et à mémoriser des chants sacrés déjà existants. Ce fut un premier pas vers le désir de perpétuer certains chants. Mais la méthode restait imprécise étant donné qu’elle n’était basée que sur la simple transmission orale.

 

 

 

 

Ce n’est qu’après la mort de Charlemagne qu’apparaissent les premières écritures musicales appelées : « les neumes ».. Mais leurs formes primitives ne donnent aucune indication sur la valeur de durée et la hauteur précise des notes. Malgré cela, l’histoire des origines de la musique occidentale peut débuter car elle est fatalement raccrochée à l’histoire de sa notation.
par des noms empruntés à un hymne religieux en l’honneur de saint Jean-Baptiste :

« Ut queant laxis-

Resonare fibris-

Mira gestorum-

Famuli tuorum-

Solve polluti-

Labii reatum-Sancte Iohannes».

Les premières syllabes des vers de la première strophe s’élève chaque fois d’un degré. Le procédé est appelé la solmisation. Il etait enfin possible de calculer de façon précise les rapports entre les notes pour rester dans une musique diatonique (musique propre à l’occident dont la gamme est composée de cinq tons et deux demi-tons).

Albéric LESPES

 

 

Qu’est qu’un piano ?

Il est l’instrument central du Jardin de Musique, nous l’utilisons pour accompagner les cours de chant ou tout simplement pour les cours de piano, mais connaissons nous vraiment son histoire ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le clavecin n’est pas l’ancêtre du piano. Le clavecin est un instrument à cordes pincées tandis que le piano, lui, est à cordes frappées. Ils descendent tous les deux d’un instrument médiéval : le psaltérion. Ce n’est qu’au XVIII° siècle que l’on voit apparaître des instruments ressemblant à ceux d’aujourd’hui. A l’origine, l’instrument s’appelait piano-forte à cause des variations de volume possible : fort (forte) ou doux (piano).

De quoi est-il composé ?
Le piano est formé de six parties.
Tout d’abord le cadre, le plus souvent en métal, où sont accrochées les cordes à l’extrémité enroulée autour de chevilles. Plus on tend la corde et plus le son est aigu, moins elle est tendue et plus Ce son est grave.
Ensuite, il y a la table d’harmonie, placée sous les cordes, et qui donne au son un timbre plus ou moins agréable par l’émission de vibrations.
Puis, il y a les cordes en fil d’acier. Pour fournir des sons graves, les cordes sont épaisses et longues (une suffit par note) ; pour les sons courts, elles sont plus courtes et fines (il en faut au moins tris pour un équilibre des timbres et des niveaux sonores.
Les touches forment la quatrième partie du piano. Elles propulsent les marteaux sur les cordes, lesquelles émettent un son. L’ensemble des touches forme le clavier.
Viennent ensuite les pédales, actionnées par les pieds. Sur la majorité des pianos, elles sont deux : une qui prolonge le son par l’éloignement des étouffoirs, dite pédale sostenuto ou forte, et une autre qui l’atténue, appelée sourdine ou una corda. Elle fonctionne en écartant les marteaux sur les pianos à queue (en ne faisant résonner qu’une seule corde sur trois, d’où « una corda ») La troisième pédale, surtout installée sur les pianos de concerts permet le maintient d’un seul son en laissant libres tous les autres (seul un étouffoir est maintenu à distance).
La dernière partie du piano est la caisse qui détermine le type de piano : piano à queue, droit ou carrés, ou même girafe ! Il existe différentes sortes pianos à queue selon la taille de la queue : les plus courants sont : le crapaud (le plus petit), le quart de queue, le demi queue, le trois quarts de queue, le piano de concert et l’impérial. Le piano est droit est surtout utilisé pour l’apprentissage, l’accompagnement dans les classes d’autres instruments ou de danse, et la pratique en appartements.

Mais le piano est avant tout vivant, et comme nous, il est sensible aux variations de température. Constitué essentiellement de bois et de métal qui sont des matériaux souffrant de l’humidité et de la sècheresse, il subit ces changements. Lorsque le temps est trop sec, le bois se rétracte et les cordes deviennent moins tendues. En revanche, si le temps est trop sec, le bois se dilate, ce qui peut bloquer les touches et tendre trop les cordes. C’est pourquoi, il faut faire accorder son piano au moins deux fois par an. Et surtout, ne pas poser ses mains (toujours humides sans toujours le paraître !) ailleurs que sur les TOUCHES (d’où leur nom) !