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ENTRETIEN AVEC NATHAN ET MARINE :
Marine et Nathan sont deux élèves du J.D.M.
Ils ont déjà participé à des récitals
pour des maisons de retraites, nos deux élèves se portent
volontaires pour nous faire part de leurs impressions personnelles. |
En quelle année avez vous fait ce récital ?
N : « C’était il y a deux ans »
M : « Je ne sais pas, ils y en avaient plusieurs. Je ne me rappelle plus
exactement c’était quand, il y a plus de deux ans. »
Quelles sont les impressions que vous gardez de cette expérience ?
N et M : « Nous ne regrettons pas, c’était une bonne expérience. »
Aviez-vous des appréhensions avant de faire le concert ?
N : « Oui, je pensais que ça allait être ennuyeux et j’avais
un peu le trac, mais ça c’est bien passé »
M : « J’avais un peu peur aussi » (rire)
Quelles étaient vos motivations pour jouer pour la maison de retraite
?
N : « Je voulais jouer pour les personnes âgées, pour
leur faire plaisir. »
M : « Je ne sais pas…, on me la proposé, j’ai dit
oui. »
Comment s’est déroulé le récital ?
M et N : « Il y avait une trentaine de personnes, c’était
impressionnant, puis on a joué. »
N : « Quand j’ai joué le morceau, j’etais tout seul à jouer
et ça a duré à peu près deux minutes. »
M : « Moi j’ai joué quatre morceaux dont l’un s’appelait
l’eau vive. »
Qu’avez-vous ressenti à la fin du récital ?
M et N : « Les gens étaient contents, ils ont applaudi, c’était
bien. Ca nous a donné de l’assurance et de la fierté. »
Seriez-vous prêt à le refaire ?
M et N : « Oui »
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En
2005, le Jardin de Musique fêtera
ses 35 ans. Cette année est également celle du quatre-vingtième
anniversaire de la mort d’Erik Satie qui sera sans doute à l’honneur
au J.D.M. L’occasion de revenir sur la vie et l’œuvre
de ce compositeur.
Sa vie.
Alfred Erik Leslie Satie est né à Honfleur, dans le Calvados,
le 17 mai 1866. Déjà tout petit, il baigne dans la musique
: son père courtier maritime mélomane se reconvertit dans
l’édition de musique et épouse en second mariage
une pianiste et compositeur, sa première femme étant morte
quand Erik Satie avait 7 ans. Il apprend d’abord l’orgue
avec son oncle dans sa ville natale avant d’intégrer le
conservatoire de Paris en 1879. Il continue à y apprendre l’orgue
mais aussi le piano et l’harmonie. Il en est renvoyé en
1882 pour absentéisme et incompétence. Il s’engage
dans l’armée mais celle-ci le déçoit tout
autant que le conservatoire. Il commence alors une vie de bohème
en jouant dans les cabarets montmartrois et en particulier celui du « Chat
noir ». Bien que très religieux, il adhère à la
secte des Rose-croix en 1892 et en devient le compositeur officiel. Il
fonde ensuite sa propre église « métropolitaine d’art
et Jésus conducteur ». Lassé d’être vu
comme un amateur, il reprend ses études à l’âge
de 40 ans à la Schola cantorum, école de musique parisienne,
pour y travailler le contrepoint, la fugue, et l’orchestration.
Il y obtient son unique diplôme qui lui permet de se produire en
concert. C’est lors d’un de ces concerts que le surréaliste,
Jean Cocteau, le remarque en 1915 et le propulse au rang de référence
de l’art de son temps. Il dit de lui : « Satie est le contraire
d’un improvisateur. On dirait que son œuvre est toute faite
d’avance et qu’il la dégage note par note, méticuleusement.
Satie enseigne la plus grande audace de notre époque : être
simple ».En 1923, il rejoint le Groupe des six, formé des
compositeurs, Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honegger, Darius Milhaud,
Francis Poulenc et Germaine Tailleferre, réunis autour de Cocteau.
Satie meurt le 1er juillet 1925 dans le dénuement et la prostration
malgré une popularité importante.
Son œuvre.
L’œuvre d’Erik Satie est vaste. Il a écrit de
nombreuses partitions sans barres de mesures et sans chiffrage. Cette
particularité ne lui est pas propre, mais à son époque,
elle est quelque peu oubliée. Dans le passé, on pouvait
la retrouver dans les opéras, où un soliste improvisait
et montrait ainsi son talent. On lui doit des musiques de scènes
et ballets parmi lesquelles on retiendra Parade (1917) ou Relâche
(1924) ; des musiques pour orchestre dont le drame symphonique Socrate
(1918) et En habit de cheval (1911) ; des musiques pour violon et piano,
la plus célèbre étant Choses vues à droite
et à gauche, sans lunettes (1914). Trois mélodies (1886),
Trois poèmes d’amour (1914), Trois maladies (1916) sont
des œuvres importantes de ses musiques pour piano et voix. Mais
les Trois Gymnopédies (1888)et les Six Gnossiennes (1890-1897)
sont sans doute les plus connues. Ce sont des œuvres pour piano
tout comme Trois morceaux en forme de poire (1903).
Satie au Jardin De Musique
Une partie de mon groupe et moi-même travaillons
en ce moment sur les Gnossiennes et en particulier sur la n°1. A
cette occasion j’ai demandé à mes camarades pourquoi
ils avaient choisi de travailler du Erik Satie et pourquoi cette Gnossienne.
Leur
réponse a toujours été la même : pour le climat
mystérieux, étrange dans lequel cette musique vous plonge
et pour ce coté marginal de l’écriture. J’ai
ensuite demandé à notre professeur, Patrick Léger,
pourquoi il avait accepté de nous faire travailler ce morceau.
Selon lui, la musique d’Erik Satie dégage un sentiment de
grande liberté, d’originalité, une fantaisie qui
séduit. De plus par son climat étrange dû à l’emploi
de gammes plus larges que celles majeures et mineures et son écriture,
il est immédiatement reconnaissable. Un grand atout de la musique
Satie c’est qu’elle est facilement accessible pianistiquement.
Le déchiffrage est aisé, notamment grâce aux éléments
qui reviennent, ce qui permet d’accéder rapidement au stade
de l’interprétation. Pour lui, Erik Satie plait aux groupes
d’adolescents qui préfèrent le répertoire
pop rock, blues ou jazz et à certains adultes, parce qu’ils
sont surpris par la créativité de son discours et l’originalité du
langage qui n’est pas relié au langage classique. Il ne
fait pas référence à ce que nous n’aimons
pas dans le classique. Ce langage original apporte quelque chose de neuf.
Il est proche de celui de la pop au sens large du terme. Erik Satie séduit
par l’univers poétique créé par la grande
variété de mode mélodique joint à des types
d’accords déjà entendus mais dont l’enchaînement
n’est pas « classique ». L’harmonie n’est
pas reliée à de choses déjà entendues. « Le
climat de Satie est une humeur musicale qui correspond bien aux états
d’âme d’individus qui ne sont plus dans l’enfance
et pas encore adultes. » .
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Erik Satie et l’humour
Erik Satie a toujours utilisé l’humour.
Lorsqu’il voulait dénoncer les préjugés qu’il
avait reçus, il employait celui-ci afin que personne ne puisse vraiment
savoir ce qu’il pensait réellement. Il se moque même
de ses propres œuvres dans « Mémoires d’un amnésiaque » qui
n’aurait sûrement jamais été édité s’il
n’avait pas été écrit par Satie lui-même.
L’humour fait partie intégrante de son œuvre. On le retrouve
aussi bien dans les titres de ses oeuvres musicales : Trois airs à fuir,
Trois airs de travers, Choses vues à droite et à gauche,
sans lunettes ; que dans des citations : « S'il me répugne
de dire tout haut ce que je pense tout bas, c'est uniquement parce que
je n'ai pas la voix assez forte. », « Quiconque habite une
tour est un touriste. », « Au régiment, si par hasard
vous êtes tambour, même sur l'ordre du colonel, ne vous avisez
jamais de battre la générale. ».(voir page 10 d’autres
citations plutôt marrantes).
Mais l’humour de Satie est le plus clair dans ses didascalies écrites
sur ses partitions. On peut retrouver par exemple « vivache » à la
place de « vivace » (sonatine bureaucratique) ou encore « Sur
la langue », « postulez en vous-même », « du bout
de la pensée » (gnossienne n°1).
Satie a également écrit un pastiche de la marche funèbre
de Chopin, (deuxième pièce des « embryons desséchés »)
où il écrit « citation de la célèbre Mazurka
de Schubert » (Alors que Schubert n’écrivit aucune Mazurka ‘célèbre’ tandis
que c’était un des genres favoris de Chopin).
Erik Satie est un des pères de la musique contemporaine par son travail
sur les sonorités et les couleurs. Il laisse une œuvre vaste reprise
aujourd’hui mais dont les interprétations diffèrent très
peu. Satie reste un personnage marginal, sans doute à cause de son humour
surprenant au premier abord. N’oublions pas de dire qu’il a influencé de
grands compositeurs comme Debussy, Poulenc, Ravel.
Marion Rigaud
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A lire :
Correspondance presque complète, Erik Satie Ornella
Volta
L’ymagier d’Erik Satie, Ornella Volta
Satie Cocteau les malentendus d’une entente, Ornella Volta A écouter :
L’oeuvre pour piano
Gnossiennes- Gymnopédies - Morceaux en forme de poires etc.
Sources
:
www.france.diplomatie.fr/culture/galerie_composit/satie.html
http ://fr.wikipedia.org/wiki/Erik_Satie
www.musicologie.org /Biographies/satie.html
« Certains, jeunes gens, sont bien vieux pour leur âge. »
Erik SATIE

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JOSEF HAYDN: UN TRES GRAND COMPOSITEUR
SOUS-ESTIME
Bien que le nom de Josef HAYDN (1732-1809) soit pratiquement aussi connu
que
ceux de MOZART (1756-1791) et de BEETHOVEN (1770-1827), son oeuvre gigantesque
est relativement peu jouée et sa place dans l'histoire
de la musique reste souvent un peu floue. Et pourtant...
Si l'on regarde les dates, HAYDN a 18 ans à la
mort de BACH (1685-1750), sa vie englobe celle toute entière
de MOZART et BEETHOVEN, qui a déjà 39 ans lorsque HAYDN disparaît, ne lui survivra qu'une petite vingtaine
d'années.
HAYDN est ainsi le seul grand musicien dont la carrière
démarre
en plein baroque allemand pour se terminer aux portes du romantisme
naissant,
recouvrant entre-temps toute l'époque dite "classique",
puisque il est
entendu que ce terme ne désigne en réalité que la
seconde moitié du XVIIIème siècle. Il est donc impropre de parler de "musique classique" à propos
de RAMEAU, BACH, BRAHMS ou DEBUSSY par exemple...
Cet âge vraiment "classique" compte
en fait trois compositeurs essentiels, qui en incarnent à eux
seuls la quintessence: MOZART, BEETHOVEN et... HAYDN! A tel point qu'on les a souvent désignés comme étant
la "Trinité classique viennoise"!!!
HAYDN a eu une vie probablement moins emblématique,
moins passionnante et surtout bien plus régulière que celle de la plupart des
grands compositeurs, MOZART et BEETHOVEN évidemment inclus.
Mais c'est de l'oeuvre dont il convient de s'occuper...
Josef HAYDN est né le 31 mars 1732 en Basse-Autriche,
dans un milieu artisanal. A 8 ans, il entre comme "sopraniste" dans la prestigieuse Maîtrise
de la Cathédrale Saint-Étienne de Vienne où il
restera jusqu'à l'âge de 17 ans, sa voix ayant alors
mué... Il y aura reçu une solide formation
musicale et commencé à composer. Ses années
de jeunesse sont difficiles, comme pour beaucoup. Il gagne sa
vie en jouant dans de petits orchestres et en composant à la
commande.
Peu à peu, il entre en contact avec l'aristocratie viennoise et
tous les artistes qui la fréquentent, en enseignant le
clavecin. Il va ainsi faire la connaissance de Nicola PORPORA,
célèbre compositeur napolitain,
qui l'engage comme accompagnateur au clavecin et lui enseigne
la composition. C'est, pour HAYDN, l'ouverture sur le monde de l'opéra
italien et la rencontre avec
GLUCK.
Puis il entre au service de quelques-uns des grands aristocrates de l'époque,
qui ont tous leur propre orchestre et même souvent
leur propre théâtre. Il compose pour eux déjà à cette époque
dans tous les genres qui feront sa gloire.
Nous sommes en 1761. HAYDN se rend à Eisenstadt, chez le prince
Paul Anton ESTERHAZY qui lui offre la place de vice maître
de chapelle. Après
la mort de celui-ci l'année suivante, son frère Nicolas lui succède à la
tête de la famille. HAYDN devient premier maître de
chapelle. Il le restera pendant 30
ans, soit jusqu'en 1792... Les années 1762-1765 verront la naissance
des premières symphonies (HAYDN en composera 106!!!).
En 1766, le prince transfère sa résidence au somptueux
palais de Estheraza, un Versailles local, avec un théâtre
d'opéra et un
théâtre de marionnettes...
C'est ici que HAYDN va déployer la plus grande partie de son
activité musicale.
Directeur des théâtres, compositeur d'opéras,
metteur en scène (il montera plus d'une centaine d'oeuvres...),
compositeur de musique sacrée,
il va écrire de plus en plus dans les deux formes qui
lui resteront étroitement liées et auxquelles
il a donné leurs
lettres de noblesse: la symphonie et le quatuor à cordes.
On peut même dire qu'il en est, sinon
le créateur, en tout cas celui qui conduira progressivement ces deux genres à la maîtrise formelle
dont hériteront ses successeurs, à savoir, en
ligne directe: MOZART et BEETHOVEN...
Si HAYDN précise et enrichit de plus en plus les formes précitées,
il fait également évoluer de façon décisive
tout ce qui a trait à l'orchestration, s'affranchissant
peu à peu de l'instrumentation caractéristique
de l'époque baroque. A cet égard, il est passionnant
de confronter par exemple les trois symphonies dites "le Matin, le Midi et le Soir" (respectivement
n° 6, 7 et 8, datées de 1761, encore proches du concerto
grosso baroque et de la musique italienne du début du XVIIIème
siècle) et
le prestigieux ensemble des 12 "Symphonies Londoniennes" composées
entre 1791 et 1795, qui constituent un des sommets de toute la
musique d'orchestre, au même
titre que les grandes symphonies de MOZART (et dans une écriture
assez similaire)
et celles de BEETHOVEN.
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Peu d'évènements marquants dans la vie personnelle de HAYDN:
un mariage malheureux (son épouse ne supportait pas la musique!!!),
une longue liaison secrète avec une chanteuse (dont on peut penser
qu'elle la supportait!!!) et, fait le plus célèbre, son amitié avec
MOZART.
En 1785, HAYDN entre dans une loge maçonnique de Vienne (sous
l'influence de MOZART?). Mais en 1790, le prince Nicolas meurt, et
l'orchestre est dissous.
Doté d'une confortable pension, HAYDN s'établit à Vienne.
Le plus grand impresario de l'époque, SALOMON, le convainc de se rendre à Londres.
HAYDN y dirige mais surtout y crée en 1791-1792 ses propres symphonies
(n°93 à 98) qui y rencontrent un succès immense. A son retour à Vienne,
il rencontre le jeune BEETHOVEN, qui sera un temps son élève, mais
la qualité de leur relation sera loin d'égaler la profonde amitié avec
MOZART, dont la mort a causé à HAYDN un choc véritable.
Second séjour à Londres en 1794-1795 et création des symphonies
n°99 à 104. Nouveau triomphe. Le succès et la
réputation de HAYDN sont internationaux, et il est considéré comme
le plus grand compositeur vivant.
En 1795, le nouveau prince ESTERHAZY, Nicolas II, recrée l'orchestre à sa
cour et HAYDN en reprend la direction. De cette dernière grande période
de création, datent les deux célèbres oratorios, "la
Création" (1798) et "les Saisons" (1801). L'hymne à l'Empereur
Franz 1er, composé en 1797 pour l'anniversaire de ce dernier, deviendra
l'hymne autrichien, et l'hymne allemand par la suite.
Après un ultime quatuor, inachevé, en 1803, HAYDN cesse d'écrire.
Citoyen d'honneur de la ville de Vienne, véritable légende vivante,
il assiste encore en 1808 à une représentation de gala dirigée
par SALIERI (le prétendu" rival" de MOZART dans le film - très éloigné de
la réalité - de Milos
FORMAN, "AMADEUS") de son oratorio "la Création",
au cours de laquelle le monde musical de Vienne (où l'on sait ce
que musique veut dire...) lui rend hommage.
HAYDN meurt l'année suivante, en 1809, dans Vienne occupée par
les troupes de Napoléon.
En
1785, HAYDN compose une oeuvre particulièrement originale, de forme
inhabituelle: une introduction et un épilogue encadrent sept épisodes
correspondant aux "Sept dernières paroles du Christ en croix".
D'abordécrite pour orchestre, cette oeuvre sera ensuite adaptée
par HAYDN pour quatuor à cordes, puis pour piano et enfin sous forme
d'oratorio (donc avec choeurs et orchestre). C'est là l'une de ses
créations les plus poignantes et ce sera l'un des grands succès
du siècle finissant.
Peu à peu, tout en travaillant continuellement au service du prince
ESTERHAZY (certainement l'un des plus grands mécènes de toute l'histoire),
HAYDN parvient à "exporter" sa musique et à la faire
connaître à l'Europe entière, essentiellement ses quatuors à cordes
(il en écrira 68, la plupart regroupés par cycles de six). C'est
même à sa manière l'un des premiers musiciens à s'occuper
avec tant d'acharnement et de savoir-faire de la publication et de la diffusion
de ses oeuvres.
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Qu'écouter aujourd'hui de cette
abondante production dûe essentiellementà la situation protégée
(et tant mieux pour la musique et pour lui-même...) qui fut celle
de HAYDN sa vie durant?
- Parmi les symphonies, la trilogie des n° 6,7 et
8 évoquées plus haut, dans une interprétation baroque,
puis un florilège de celles du "milieu" ( entre les
n° 26 à 65, dites "Sturm und Drang") dans un coffret
avec the English Concert dirigé par Trevor PINNOCK et enfin les
12 grandes Londoniennes (n° 93 à 104) dans l'enregistrement
superbement classique d'Eugène JOCHUM avec le London Philarmonic
Orchestra.
- Pour les quatuors à cordes, géniaux
dans leur ensemble, merveilleuse introduction à la musique de
chambre en général et d'un abord très accessible,
on peut sans souci faire confiance à un excellent quatuor hongrois,
le Quatuor KODALY, qui a enregistré l'intégralité de
ces oeuvres, heureusement distribuées par la firme Naxos (chaque
CD coûte 8 Euros!).
Ecouter de préférence les opus 20, 33, 64 et 76 (chaque CD renferme
trois quatuors, un opus en contenant six...).
- 62 Sonates pour piano!!! Catherine COLLARD, très
belle pianiste trop tôt disparue, a laissé un enregistrement
d'une vie et d'une sensibilité magnifiques, d'une sélection
de ces sonates (qui à mon avis sont aussi belles, et même
parfois plus... que celles de MOZART!). Un coffret de trois CD, trouvable
partout, à très petit prix.
- Les deux grands oratorios: "la Création" par
KARAJAN (version1966), MARRINER (version 1980) ou HARNONCOURT selon les
goûts classique ou baroque
et "les Saisons" dans la récente version de René JACOBS,
parfaite de vitalité, de poésie et d'équilibre voix/orchestre,
avec des effectifs " dégraissés" de 40 musiciens et
40 choristes environ et une instrumentation baroque pertinente et colorée.
Restent encore de magnifiques Trios piano/violon/violoncelle
dont les derniers sont une porte ouverte vers SCHUBERT, de façon
incroyablement prémonitoire (un coffret somptueux du BEAUX-ARTS
TRIO) et les différentes versions des "Sept dernières
paroles du Christ en croix" dont je vous ai parlé, oeuvre
d'une magnifique intériorité...
A vous de faire votre parcours au coeur de l'oeuvre
d'un compositeur toujours inspiré, garant de l'équilibre
classique dont il est l'un des plus beaux fleurons, d'une élégance,
d'une inventivité mélodique et rythmique jamais démenties,
et au sein de laquelle on découvre des trésors de musique
pure, entre émotion, humour (et oui, l'humour existe aussi en
musique!) et
sérénité.
Alors, laissez-vous tenter... Vous ferez de splendides
découvertes !
PATRICK LEGER |
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La musique est une forme
de langage, elle se parle (le fait de la jouer), elle s’écrit et se lit. La
question que nous nous posons ce mois ci, est de savoir d’où vient
cette harmonieuse calligraphie musicale ?
De nos jours, tout musicien est capable de lire une partition de musique.
Reconnaître un DO en clef de SOL ou un RE en clef de FA relève
d’un exercice enfantin pour n’importe quel musicien confirmé.
Or il y a quelques temps, il n’était pas si facile de différencier
la hauteur et la durée d’une note avec une autre. La retranscription
musicale d’aujourd’hui, est le fruit d’une longue évolution
de tentative d’écriture.
 Nous savons que la musique remonte à très loin, déjà les
hommes primitifs émettaient des sons à l’aide de
bouts de bois, d’ossements ou de pierres. Puis elle s’est
développée très vite avec l’invention de nouveaux
instruments.
Le problème est qu’il n’y avait aucun moyen de l’écrire,
donc le passé de la musique reste assez flou. Vers 500 ans après
Jésus Christ, étant donnée l’ampleur que prenait
la musique, surtout dans les églises, le pape Grégoire
1er ( à qui l’on attribue les Chants Grégoriens) à fondé une
sorte d’institution musicale ou l’on apprenait à jouer
et à mémoriser des chants sacrés déjà existants.
Ce fut un premier pas vers le désir de perpétuer certains
chants. Mais la méthode restait imprécise étant
donné qu’elle n’était basée que sur
la simple transmission orale.
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Ce n’est qu’après la mort de Charlemagne qu’apparaissent
les premières écritures musicales appelées : « les
neumes ».. Mais leurs formes primitives ne donnent aucune indication
sur la valeur de durée et la hauteur précise des notes.
Malgré cela, l’histoire des origines de la musique occidentale
peut débuter car elle est fatalement raccrochée à l’histoire
de sa notation.
par des noms empruntés à un hymne religieux en l’honneur
de saint Jean-Baptiste :
« Ut queant laxis-
Resonare fibris-
Mira gestorum-
Famuli tuorum-
Solve polluti-
Labii reatum-Sancte Iohannes».
Les premières syllabes des vers de la première strophe
s’élève chaque fois d’un degré. Le procédé est
appelé la solmisation. Il etait enfin possible de calculer de
façon précise les rapports entre les notes pour rester
dans une musique diatonique (musique propre à l’occident
dont la gamme est composée de cinq tons et deux demi-tons).
Albéric LESPES
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