MUSIQUE EN VIE N°19

décembre 2004 - janvier 2005

L'Editorial d'Eugénie ALECIAN Le Paradoxe du bonheur

Le dossier du mois :

Les compositeurs du 3ème Reich

Carl Orff -

 

Le saviez-vous ? Carl Orff musicien nazi?- Carmina Burana , l'histoire et le texte
Témoignages

Aïda Alécian : entre exigence et amour par Nedjma

Travailler au Jardin De Musique par Olivier

Audit

Etude sur l'enseignement au Jardin De Musique par Fabien Chevalier

Vous aviez envie d’en parler. Coup de foudre, coup de colère. Cette page est la vôtre .

La Musique, c'est pas toujours magique par Neige Brune

   
 

 

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L’EDITORIAL D’EUGENIE ALECIAN

Le bonheur est une trajectoire et non une destination

Un ami m’a récemment transmis un texte comportant cette phrase. L’auteur y explique que « La vie sera toujours pleine de défis à atteindre et de projets à terminer.
Il est préférable de l'admettre et de décider d'être heureux maintenant » !
J’ai envie de dire la même chose de la musique, mais sans vouloir me contredire :
Nous disons toujours à nos élèves que le plaisir est le fruit de l’effort. L’effort ne serait-il pas plaisir ? N’est-ce pas un bonheur de vivre chaque instant de pratique musicale ?
Les larmes et les rires que nous entendons souvent mêlés lors de nos cours forment-ils un paradoxe ?
Si nous prenons la trajectoire de la vie tout simplement, depuis la naissance et tout le long de la croissance, combien de faux pas, de chutes, de « maladies d’enfance », et combien de rires, de sourires de tendresses s’emmêlent. L’apprentissage, c’est tout cela. De la vie d’abord, car si le parent manque à suivre et guider l’enfant dans sa trajectoire de vie, il pourrait si vite déraper. De même, si le pédagogue ne guide pas son élève, celui-ci n’aura aucune chance de progresser, jusqu’à voler de ses propres ailes, ou même de devenir son émule.
Guider, encadrer pour ensuite « libérer » Paradoxe ? Ou respect ?
A l’aube de nos 35 années, nous recevons maints témoignages de « reconnaissance » bouleversants. Re-connaissance. Ce que nous avons offert, est perçu comme un « art de vivre », …malgré les souffrances parfois vécues. C’est bien de tout dire.
Pour notre part, ces témoignages nous font comprendre que le respect fut, et se devra de rester, mutuel.
De quoi philosopher à nouveau !

Eugénie Alécian


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Les musiciens compositeurs du troisième Reich

2005 est l’année des 50 ans de la fin de la Seconde Guerre Mondiale. 50 ans également que le régime nazi, le troisième Reich, s’est effondré. Pendant cette période sombre de l’Histoire Allemande, la musique ne s’est pas éteinte, bien au contraire. Revenons sur ces musiciens compositeurs du troisième Reich.

L’art dégénéré et l’art pur.
Tout ceux qui n’étaient pas allemands, étaient considérés comme dégénérés. Leur musique est le résultat de déraillements. L’affiche de Lothar Heinemann illustre bien la pensée hitlérienne : l’Allemagne est le premier peuple musicien de la Terre (« Deutschland das Land der Musik »). On ne compte plus sous le III Reich le nombre de pamphlets, et dictionnaires antisémites. En 1940, le Dictionnaire des Juifs dans la musique, marque l’aboutissement scientifique. L’expression « musique dégénérée » est choisie pour ses connotations diffamantes, lors de l’exposition de 1938 à Düsseldorf. L’emploi de cette expression ne signifiait pas que cet art était accepté, et pouvait être revendiqué, bien que Ernst Krenek, Kurt Weill et Arnold Schoenberg dont la musique était supposée dégénérée, considéraient que c’était rendre « un hommage en négatif ». Durant cette période on peut distinguer des compositeurs, dits officiels, qui composaient pour le régime et dont l’Histoire n’a retenu aucun nouveau nom mais a gardé ceux déjà établi comme Richard Strauss ou Orff ; les compositeurs, à l’inverse, exilés, proche d’Arnold Schoenberg, pour la majorité, qui n’ont pas voulu cautionner le régime. Dans cette dernière catégorie, il y a, les exilés, comme Schoenberg qui vivra en Californie ; et, les exilés intérieures, qui « s’auto interdisent » comme Karl Amadeus Hartmann. Enfin, il y a les compositeurs juifs que le régime s’est attaché à éliminer. Mendelssohn en est l’exemple même. Le troisième Reich tenta d’effacer sa mémoire, parce que de famille juive, en détruisant un monument édifié en son honneur, en 1892, et en aryanisant sa célèbre œuvre, « Songe d’une nuit d’été ». Dans le camp de Terezin (« Theresienstadt »), sorte de « cadeau offert aux Juifs » par Hitler, les manifestations culturelles furent nombreuses et cela, dès l’ouverture du camp. Récitals, musiques de chambre furent très souvent à l’affiche. Ullmann écrivit son Concerto pour Piano et sa Troisième Sonate pour des pianiste solistes comme : Klein, Steiner-Kraus, Herz-Sommer, Arany. Cette vie musicale s’éteint brutalement en octobre 1940, avec l’extermination de ces musiciens.


Sous le troisième Reich, des compositeurs allemands furent vénérés comme des dieux. Ce fut le cas de Beethoven dont la Neuvième Symphonie fut l’œuvre de référence du Philharmonique de Berlin ; ou d’Haendel dont la ville natale devint le haut lieu des festivités en son honneur. Ils représentaient la germanité. Mais Wagner fut le plus utilisé. Hitler disait de lui qu’il était le seul prédécesseur légitime du national-socialisme.

La vie et l’œuvre de Richard Wagner.
Richard Wagner naît à Leipzig, le 22 mai 1813. Un an plus tard, après la mort de son père, sa mère se marie avec l’acteur Ludwig Geyer, qui pourrait être le véritable père de Wagner. C’est à 15 ans qu’il découvre la musique et qu’il décide de l’étudier en s’inscrivant à l’Université de Leipzig. Beethoven fait partie des compositeurs qui ont exercé une influence importante sur lui. Son premier opéra, Les fées, s’inspirant de Weber, est achevé en 1833. A la même époque, il devient directeur musical aux opéras de Würzburg et de Magdebourg. La création de Das Liebesverbot, en 1936, inspiré de Measure for measure de Shakespeare, n’obtient pas énormément de succès. Dans la même année, il épouse l’actrice Minna Planer et emménage à Riga où il devient directeur musical. Criblé de dette, Wagner s’enfuit à Londres où il est pris dans une tempête qui lui inspire Le vaisseau fantôme. Il termine Rienzi en 1840 et le fait jouer à Dresde deux ans plus tard. Le succès est considérable. Le séjour de Wagner à Dresde prend fin en 1846, en raison de son engagement dans les milieux anarchistes. Il passe les douze années suivantes en exil. Lohengrin est achevé avant l’insurrection de Dresde en 1849 et Wagner demande à son ami Franz Liszt de le faire jouer en son absence. En 1850, Liszt dirige lui-même la première à Weimar. Pendant son exil à Zurich, il présente sa nouvelle conception de l’opéra, la Gesamtkunstwerk ou « œuvre d’art totale », dans laquelle musique, chant, danse, poésie, sont mêlés de façon indissociable. La découverte de la philosophie d’Arthur Schopenhauer et Mathilde Wesendonck, vont être ses deux sources d’inspirations pour Tristan et Isolde. En 1859, il retourne à Paris pour superviser l’adaptation de Tannhäuser dont la création en 1861, fait un scandale. Il s’installe ensuite à Biebrich en Prusse, où il commence, « Les maîtres chanteurs » de Nuremberg. En 1862, il se sépare définitivement de Minna. A partir de 1864, la carrière de Wagner prend un virage spectaculaire. Le jeune roi de Bavière, Louis II, passionné par ses œuvres, le fait venir à Munich et s’arrange pour que Tristan et Isolde soit représenté en 1865. Le succès est au rendez vous. La même année, naît, de sa liaison avec Cosima von Bülow, une fille illégitime : Isolde. Il l’épouse en 1870 et aura encore une fille et un fils. Deux an plus tard, il choisit la ville de Bayreuth pour accueillir sa nouvelle salle d’Opéra : le Festspielhauss (« maison du festival »). Il ouvrit ses portes en 1874 avec la création de la Tétralogie. Guillaume II, l’empereur Pierre II du Brésil, le roi Louis II de Bavière y assistèrent. Si du point de vue artistique, le festival connut un succès remarquable, d’un point de vue financier, ce fut un désastre. Wagner s’attelle à son dernier opéra, Parsifal, en 1877 et le produit en 1882, lors du deuxième festival de Bayreuth. Wagner s’éteint en février 1883 d’une crise cardiaque.

L’antisémitisme de Wagner et l’appropriation de sa musique par le régime nazi.
Durant toute sa vie, Wagner n’a cessé d’émettre des opinions antisémites, accusant les Juifs d’être des étrangers nuisibles à l’Allemagne. Il souhaite leur expulsion ou leur assimilation à la culture germanique. Le premier essai de Wagner est Le judaïsme dans la musique de 1850. A l’intérieure de celui-ci, il se tente d’expliquer la prétendue « aversion populaire » envers la musique des compositeurs juifs comme Mendelssohn ou Meyerbeer. Pour lui, le peuple allemand était repoussé par les Juifs à cause « de leur aspect et de leur comportement d’étranger ». Il le republiera en 1869, et de nombreuses protestations se firent entendre lors d’une représentation des Maîtres chanteurs de Nuremberg. A la mort de Wagner, Bayreuth devint le lieu de rassemblement des groupes d’extrêmes droites, soutenus par sa femme Cosima. Sous le régime nazi, Wagner fut un modèle. Hitler adorait Wagner depuis son adolescence et voyait en lui, le précurseur de son action politique. En 1939, Breker réalisa trois bustes du compositeur, artiste élu, dont un fit partie des collections personnelles d’Hitler. Ces œuvres du compositeur furent reprises lors de nombreuses occasions comme, à Berlin en 1935, ou encore lors du festival de Bayreuth de 1937. La musique de Wagner, tout comme celle de Beethoven, a été choisie par le régime nazi, parce qu’elle dégageait une force et une puissance exceptionnelle et une certaine violence comme dans Walkyrie de Wagner. Ceux qui l’écoutaient longuement donnaient l’impression d’être en transe. Elle se trouvait proche des chants de guerres allemands.


Sources
Encyclopédie Encarta
Le III Reich et la musique (livret de l’exposition)
www.musicologie.org
fr.wikipedia.org

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Le saviez-vous ?

CARL ORFF


Qui est-il ?

Carl Orff est un compositeur allemand, né en 1895, et mort en 1982. On lui doit de nombreuses œuvres, notamment théâtrales, comme « La lune, un petit théâtre du monde », « L’astucieuse », ou encore, « Songe d’une nuit d’été », « Trionfi ». Mais la plus célèbre est « Carmina Burana » composée en 1837. De Carl Orff, on retient la Günther Schule, fondée avec Dorothea Günther en 1924, où sa « Pédagogie élémentaire » verra le jour. De Carl Orff, on se souviendra également le « Schulwerk » ou atelier scolaire, émission de radio qu’il co-animait de 1948 à 1950. Mais également l’ « Instumentarium Orff », atelier où il mit au point de petits instruments à percussions.

En quoi consiste sa pédagogie ?

La pédagogie de Carl Orff s’inspire des nombreuses recherches philosophiques du début de son siècle, tournées vers l’enfant. Il place au centre de sa réflexion l’enfant, être à part, qu’il veut acteur de sa pédagogie. Le maître incarne un guide qui donne des exemples et doit amener le jeune vers l’improvisation et la création. Il considère que l’enfant possède un développement psychique que les époques et le contexte social peuvent faire évoluer mais pas changer fondamentalement. Le contexte culturel est un élément très important pour le développement de l’individu. Pour Orff, l’éducation musicale et corporelle doit tenir compte de l’évolution de l’enfant. Elle inclue le rythme, le corps, le langage, la parole, et les instruments. Il prône une musique à vivre. Il ne s’agit donc pas réellement d’une méthode mais plutôt d’un travail avec l’enfant et non, pour lui. La pédagogie Orff, privilégie la notion de groupe. Les participants sont à la fois acteurs et spectateurs. La « musique élémentaire » ne reposant pas sur des schémas préétablis, chacun peut se l’approprier en fonction de ses possibilités. L’enfant évolue à son rythme. L’apprentissage s’articule autour de quatre pôles : la prise de contact avec des exercices dits sensoriels ; l’imitation comprenant des exercices de répétition permettant l’amélioration de la concentration et de la perception. Il y a également l’exploitation où l’enfant s’approprie les modèles pour parvenir enfin à l’improvisation. La pratique des instruments n’est pas indispensable mais elle permet d’élargir le champ des expérimentations. L’évolution à son rythme, la pratique du langage, la parole, le rythme…sont des éléments essentiels de l’enseignement du Jardin de Musique. Aujourd’hui, la pédagogie de Carl Orff est utilisée un peu partout dans le monde.


Marion Rigaud

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Carmina Burana


L’opéra de Carl Orff, Carmina Burana était une commande pour le régime nazi. Arrêtons nous sur cette œuvre désormais célèbre.

Carmina Burana a été composée entre 1935 et 1936. Il fut joué pour la première fois à Francfort le 8 juin 1937. Ce sont, en fait, des chants profanes pour solistes et chœurs, accompagnés d’instruments. L’opéra est la première partie d’un triptyque comprenant Catulli Carmina, composé en 1943 et Trionfi di Afrodite, le tout formant les Trionfi. Ce premier volet se décompose également en trois parties : Primo Vere, In Taberna, Cours d’amours.
C’est la première œuvre « acceptée » de Carl Orff, puisque l’on raconte qu’après l’avoir composée, il détruisit toutes les précédentes. Le titre de l’œuvre vient d’un recueil de carmina, pluriel latin de « carmen » signifiant « chanson ». Ces manuscrits, écrits en latin et vieux bavarois ont été découvert en 1803 dans la bibliothèque d’un monastère et datent du XIII° siècle. Pourtant les textes sont profanes et vantent les joies charnelles. Ils racontent la lutte entre l’homme et la femme dans la recherche incessante, pleine de violence, de mensonge et de vanité, de l’expérience érotique. Au final, la victoire de l’amour est pure. C’est également, un éloge à Fortuna, déesse de la chance et du hasard. Beaucoup de chœurs et de percussions sont requis, et c’est ce qui donne à l’opéra son dynamisme et sa force. Si l’œuvre a longtemps été critiquée pour son ambiguïté idéologique, elle s’est imposée par sa dynamique, et sa puissance et a été reprise pour de nombreuses fois, surtout « O Fortuna ».


Marion Rigaud

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Carl Orff : DROIT DE REPONSE 


Un article contradictoire a été proposé à partir du site :

http://forums.telerama.fr? et proposé par Albéric

pour contrebalancer celui de Marion.Il offre une contrpartie intéressante.

Voici le courrier reçu ce jour :

Bonsoir

Je viens de découvrir sur votre site un texte
qui m'appartient et que vous avez trouvé sur le forum télérama
concernant Carl ORFF.
Il ne me semble pas avoir reçu de votre part
de demande de publication.

http://www.jardindemusique.org/PAGES/MEV/ARCHIVES%20MEV/MEV19.htm#orff

En outre sur la même page il est dit par marion Rigaud que
Carmina Burana était une commande pour le régime Nazi,
ce qui est totalement faux.
Cette oeuvre a d'abord été rejetée par le régime
qui la trouvait trop jazz et surtout les langues employées
(latin, bavarois) étaient considées comme de la sous culture.

Philippe saccomano

Association Carl ORFF France
http://pedagogie-orff.org

 

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Lettre au Jardin De Musique

 

Dernier arrivé au Jardin de Musique, depuis le mois d’octobre en tant qu’agent administratif et culturel, je vous livre mes impressions après ces quelques mois d’embauche.
Je n’imaginais pas la difficulté à travailler dans une telle association. L’administration est parfois un vrai fardeau ; trier des dossiers, les ranger, les ordonner, et souvent tenter de corriger les erreurs dues à mon manque d’expérience (je suis étudiant « donc » totalement inadapté à une quelconque notion de travail en entreprise).
La diversité des taches est surprenante ; en l’espace de trois mois je me suis retrouvé juriste, journaliste, secrétaire, et même dessinateur... et la liste est longue. En clair une variété d’expériences diverses plus ou moins captivantes, mais toutes essentielles et enrichissantes, et qui portent des résultats visibles dans un délai relativement court, ce qui est assez constructif et valorisant.
Le petit « plus » du Jardin de Musique est le fait que l’on se sent vite impliqué dans l’association, car la démarche pédagogique porte ses fruits même au-delà des cours et des élèves, et j’ai été surpris de voir les changements qui ont pu s’opérer en moi. Apprendre est une démarche qui fait véritablement partie du quotidien et ne se limite pas à une durée définie dans le temps, ni se réserve à des personnes limitées.
Grâce à des gens passionnés, que ce soient les professeurs, ou bien les élèves, ou bien encore toute l’équipe, le Jardin De Musique est bien plus qu’une école de musique ; c’est une véritable école de vie.

Olivier

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Extrait des textes du cantate traduit du bas latin et du vieux français, évoquant la dépravation du monde, le besoin d'amour, et les excès liés à la boisson et au jeu :
COUR D'AMOURS "Amor volat undique"

Pour voir l’ensemble de la traduction de Carmina Burana, référez-vous à l’adresse du site ci-dessous :
http://maddingue.free.fr/carmina-burana/

(Chœur de filles)
Amor volat undique,
captus est libidine.
Iuvenes, iuvencule
coniunguntur merito.
(Soprano)
Siqua sine socio,
caret omni gaudio;
tenet noctis infima
sub intimo
cordis in custodia:
(Chœur de filles)
fit res amarissima.



(Chœur de filles)
Amour vole partout,
saisi de désir.
Jeunes hommes et jeunes femmes
sont unis équitablement.
(Soprano)
La fille sans compagnon
manque tous les plaisirs;
elle tient la nuit la plus basse
profondément
cachée dans son cœur:
(Chœur de filles)
c'est la plus grande amertume.
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Témoignage sur Aïda Alécian


Entre exigence et amour


Ma grand mère n’etait pas une grand mère comme les autres.
Et j’ai bénéficié d’un grand privilège : de mes six à onze ans , elle me donna des cours particuliers de piano.
C’était toujours une fête d’aller chez elle à Bécon, mon petit verre de coca préparé à l’avance, ainsi que sa somptueuse crème au chocolat concoctée rien que pour moi…
Après ce bon goûter, il y avait la leçon : changement d’attitude et d’atmosphère , ma grand mère se changeait en professeur rigoureux et exigeant.
Si je n’avais pas appris mes gammes ou mon morceau, elle me grondait parfois au point de me faire pleurer sur le piano. Mais au-delà de l’exigence, avec un amour des enfants et de la musique- et de sa petite fille que j’étais -, elle laissait une grande place à l’improvisation, ce qui m’encourageait, de cette manière, à appréhender le piano. En improvisant, j’etais libre, je jouais pour ma grand mère et elle était ravie. Souvent même pour me récompenser ou m’encourager, elle m’offrait une pièce de dix francs. Je me sentais riche alors non pas pour la pièce mais pour la leçon donnée.


Nedjma

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Etude sur l'enseignement au Jardin De Musique

 

Fabien Chevalier est organiste, compositeur, énergéticien et également spécialisé en P.N.L (psychologie neuro linguistique).
D’avril à juin 2004, il a enseigné au Jardin De Musique en remplacement de Lidwine Arnould, alors en congé pour sa maternité.
Nous lui avons demandé un témoignage sur cette expérience, nouvelle pour lui, de la pédagogie de groupe, ainsi qu’une analyse sur le processus d’épanouissement de l’enfant. Nous avons également voulu savoir comment l’enfant évolue dans « l’espace-temps » musical du J.D.M.

A l’automne dernier, une nouvelle a parcouru le Jardin de MUSIQUE : "Lidwine attend un bébé" ! Pour qu'elle puisse préparer ce merveilleux événement dans les meilleures conditions, Eugénie a proposé à plusieurs professeurs, curieux de la pédagogie qui est offerte par l’association, de venir la remplacer en fin d’année scolaire. J'ai été l'un de ceux-là.
Lidwine m'a d’abord invité à assister à plusieurs de ses cours et à découvrir le Jardin de Musique que je ne connaissais pas. Le premier jour, en ouvrant la lourde porte métallique, j'ai ressenti une ambiance chaleureuse qui semble avoir imprégné les murs des locaux du 42 boulevard de la Paix.
Avez-vous la chance d'aimer la musique (ce qui n'est pas le cas de tout le monde) ? Pour ceux-là, chacun fait régulièrement cette expérience : en entendant un morceau, quelque chose en nous réagit. Des images nous passent par la tête, parfois des sensations surviennent ; souvent des émotions nous envahissent doucement. Chacun ressent la musique à sa façon et l'approche ou la pratique d’une manière qui lui est propre.
La musique est un art, comme la peinture, la danse, l'architecture. L'écouter nous donne parfois envie d'en jouer. L'art, c'est l’expression d’un idéal, nous dit le dictionnaire. Comment passer de quelque chose de "subtil" (essayez d'attraper la musique, vos émotions et les sensations qu'elle vous provoque avec… vos mains !) à une pratique dans le "concret" ? C'est ce que propose cette école avec originalité.

L’apprentissage doit être un plaisir pour notre bonheur et notre santé. La qualité d’accueil et la convivialité de tous les professeurs met d’emblée dans de bonnes dispositions.
Une première constatation s'impose : s'il est très facile de créer une cacophonie avec tout se qui peut produire du son, jouer de la musique exige, par contre, une grande rigueur et beaucoup de précision. La musique appartient au domaine sonore. Pour bien la recevoir, il faut lui faire de la place. Elle se joue dans le silence.
Au Jardin de Musique, j'ai été frappé par le calme qui règne pendant les cours. On se met en silence, on écoute le professeur, on lui répond s'il pose une question. On peut l'interroger tout aussi facilement. Chacun écoute celui qui joue. Si on joue ensemble, on écoute attentivement les autres pour créer quelque chose de beau et d'agréable. Le calme favorise la concentration, nécessaire pour coordonner l'action des doigts sur les touches et pour se mettre dans le bon rythme. Le calme favorise aussi la qualité de nos perceptions dont les sens les plus sollicités seront l'ouïe, la vue et le toucher. Il sera d'une grande aide pour prendre conscience de la posture de notre corps. Le but est de se rendre présent à soi-même et aux autres.
C'est simple, mais pas toujours facile à réaliser selon notre état d'agitation et de disponibilité intérieure. Les moines en consacrent leur vie entière à cela. C'est dire qu'il y a là un large domaine à explorer et à maîtriser.

Si tout le monde racontait la même chose, on s'ennuierait très vite. Ce sont nos différences qui font la richesse de nos rencontres, humaines et musicales. Au Jardin de Musique, nous nous côtoyons beaucoup les uns les autres. Et quand nous jouons ensemble, on s'aperçoit rapidement que nos voisins ont tendance à aller plus vite ou moins vite que nous. Il faut constamment s'ajuster, adapter son rythme intérieur avec le rythme que le professeur détermine pour nous faire partir correctement et que nous allons entretenir jusqu'à la fin du morceau. C'est une technique qui s'acquiert et qui devient aussi naturelle que marcher ou danser sans tomber. Le plaisir est encore plus grand quand on a réussi à jouer à 2, 3, 4, 5 ou 6 en même temps ! Il y a deux pianos dans les salles pour permettre cet "exploit". Parfois, il faut s'arrêter et reprendre. C'est normal ; on apprend, on cherche à comprendre.
Pendant la semaine, chacun reçoit un travail à faire. Le cours de musique va être un moment important : on y vérifie qu'on a travaillé dans le bon sens. À la maison, en travaillant seul, on rencontre parfois des doutes ; on ne sait plus quel choix adopter sur tel ou tel aspect technique. On explique notre problème au professeur qui se montre toujours intéressé pour nous apporter une réponse ou demander qu'un autre élève donne la bonne réponse. Pendant le cours, si un passage musical se révèle délicat à interpréter, le professeur peut proposer à la classe de se scinder en plusieurs groupes autonomes de deux élèves. Le plus compétents va faire progresser celui qui est le plus en difficulté. Ces moments sont vécus dans la joie, comme une récréation. C'est important de sentir que le professeur nous fait confiance. C'est cette confiance qu'on emporte avec nous à la maison et qui nous permet de travailler seul, sereinement.
Quand un morceau a été mis au point, il se passe quelque chose de très subtil pendant son interprétation. Le calme, la concentration, l'écoute attentive des autres et de ce que l'on produit, notre ajustement dans le bon rythme, la confiance en nous-même que l'on a développé, tout cela crée un climat dès les premières notes jouées. Petit à petit, nous allons à la rencontre de l'émotion qui vient à l'intérieur de nous. À l'instant où l'on a fini, il y a un moment tout à fait particulier qui se produit : pendant que le silence revient, on reçoit comme un résumé de tout ce qu'on a ressenti pendant le morceau. C'est très rapide et fugitif ; cela peut être fort. C'est comme un cadeau que l'on reçoit.
Au Jardin de Musique, l'heure de cours hebdomadaire est à la fois calme et intense. C'est l'aboutissement d'une semaine de travail personnel et le départ pour une nouvelle semaine. Tout au long de l'année, les cours se suivent sans se ressembler.

Chaque trimestre a sa particularité ; le dernier est de préparer la grande fête de l'école. Il s'agit, en fait, d'un véritable concert où chaque classe et quelques élèves solistes présentent des morceaux devant un public composé de familles et d'amis. Chaque détail est soigneusement pensé et préparé, depuis l'accueil, la décoration, l'enchaînement et les mouvements dans les coulisses en passant par le réglage des lumières. Tout est fait pour donner à chacun, selon son rôle, de pouvoir créer et recevoir une musique de qualité qui nous élève et nous appelle à découvrir autant de choses nouvelles à l'extérieur de nous qu'à mieux connaître ce qui se passe à l'intérieur.

Fabien CHEVALLIER, décembre 2004 Musicien, éveilleur, (optionnellement Maître-Praticien en P.N.L., suivant le contexte).

 
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Vous aviez envie d’en parler. Coup de foudre, coup de colère. Cette page est la vôtre



Puisque Musique En Vie m’ouvre ses pages, voici le récit d’une aventure tragique.
Je vous la raconte pour vous alerter de dangers auxquels on peut s’exposer dans certains métiers actuels et soit disant musicaux …


Comme tous les élèves du JDM doivent le savoir, la Musique, avec un grand M, regroupe une vaste palette de genres de plus en plus hallucinants. Ce qu’on vous enseigne au JDM c’est de la motivation, de l’effort, mais aussi des encouragements. Ce que vous apprenez ainsi prend, certes beaucoup de temps, Paris ne s’est pas fait en un seul jour, dit-on…Et ces efforts là nous sont payés de retour par le plaisir qu’ils nous procurent, pouvoir jouer une valse de Chopin après des mois d’entraînement par exemple. Mais certains jeunes, et de plus en plus tôt, rêvent et misent sur une carrière d’artiste dont ils pourraient vivre, mais aussi sur ce besoin latent d’être reconnu, sans parler de la « star attitude » qui caractérise le 21éme siècle.
Alors attention jeunesse ne te brûle pas les ailes par des illusions qui ne sont pas forcément lucides. Il y a toujours eu des stars et des artistes reconnus, et pourquoi pas vous, qui lisez cet article ne le deviendriez vous pas un jour prochain ? C’est tout ce je vous souhaite, à une seule condition : de ne pas perdre votre intégrité et de vous protéger de milieux musicaux qui font miroiter (aux jeunes surtout) mille et une merveilles, des escrocs sans valeurs qui détruisent parfois de véritables musiciens et anéantissent des vies comme dans l’exemple qui suit.
J’avais une amie qui avait vraiment du talent en musique, elle touchait un peu à tout : guitare, piano, chant surtout : chansons à texte et pour gagner sa vie et payer ses cours, elle servait dans un bar à Paris. Après le travail elle fréquentait les boites les plus « in » de Paris où elle espérait rencontrer des stars mais aussi des agents, des managers. Elle était bien sûr très sexy pour avoir toutes ses chances. Son désir de chanter était si puissant qu’elle se débrouillait toujours pour avoir une carte de visite, et parfois poussait la chansonnette en fin de soirée. C’est qu’elle était très gonflée et persuadée qu’elle y arriverait. Jugez-en vous-même en lisant un de ses textes :
« Écoutes goutte à goutte
J’avance coûte que coûte
Fière tel un scout
Et personne ne pourra m’barrer la route ».
En dehors des sorties en boites, elle s’enregistrait dans son petit home studio, on ne peut plus traditionnel et envoyait des maquettes par ci par là.
Un jour un haut nom (que je dois malheureusement taire) la contacta. Elle fut si surprise d’avoir une réponse et si heureuse qu’elle accepta de le rencontrer pour discuter d’un éventuel contrat.
Bien sur elle le connaissait de renommée car il avait produit des groupes qui sont aujourd’hui célèbres. Et donc elle misa tout sur lui ; qui lui chantait qu’elle serait bientôt une star.
Mais pour cela il lui demanda une somme exorbitante pour réaliser un seul titre et, aveuglée par le désir d’être enfin reconnue, elle rassembla toutes ses économies et les lui donna sans qu’aucun contrat ne soit signé. En ce qui concernait le domaine juridique elle était paumée, mais il lui laissa entendre qu’après un premier enregistrement il la déclarerait à la S.A.C.E.M, chose qu’il ne fit naturellement pas…
Sacré « voleur de rêve ». Il faut dire qu’elle était un peu naïve et mal avisée, mais qui ne l’est pas à vingt ans ?
Pour finir il composa un air qui ne collait pas du tout avec la chanson. Ce qui la fit se sentir déçue et trahie. Mais il lui promit qu’elle enregistrerait rapidement en studio, moyennant une mise financière de nouveau. Elle donna le reste de ses économies et se saigna au travail en abandonnant aussi ses cours.
La suite ? Elle n’alla jamais en studio. Mais à chaque fois qu’elle revenait chez ce type, il y avait un nouvel ordinateur haut de gamme, ou encore des appareils haute technologie. Elle comprit enfin qu’il l’utilisait et qu’il ne ferait jamais rien d’autre que l’exploiter pour son propre confort.
Elle finit par comprendre, un peu tard (mais ne vaut il mieux pas trop tard que jamais ?) que ce n’était qu’un escroc, une sangsue. Elle stoppa net, écœurée, plus un sou en poche, victime d’un milieu de requins.

Neige Brune

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