Les musiciens compositeurs du troisième
Reich 2005 est l’année des 50 ans de la fin de la Seconde Guerre
Mondiale. 50 ans également que le régime nazi, le troisième
Reich, s’est effondré. Pendant cette période sombre
de l’Histoire Allemande, la musique ne s’est pas éteinte,
bien au contraire. Revenons sur ces musiciens compositeurs du troisième
Reich.
L’art dégénéré et l’art
pur.
Tout ceux qui n’étaient pas allemands, étaient considérés
comme dégénérés. Leur musique est le résultat
de déraillements. L’affiche de Lothar Heinemann illustre
bien la pensée hitlérienne : l’Allemagne est le premier
peuple musicien de la Terre (« Deutschland das Land der Musik »).
On ne compte plus sous le III Reich le nombre de pamphlets, et dictionnaires
antisémites. En 1940, le Dictionnaire des Juifs dans la musique,
marque l’aboutissement scientifique. L’expression « musique
dégénérée » est choisie pour ses connotations
diffamantes, lors de l’exposition de 1938 à Düsseldorf.
L’emploi de cette expression ne signifiait pas que cet art était
accepté, et pouvait être revendiqué, bien que Ernst
Krenek, Kurt Weill et Arnold Schoenberg dont la musique était
supposée dégénérée, considéraient
que c’était rendre « un hommage en négatif ».
Durant cette période on peut distinguer des compositeurs, dits
officiels, qui composaient pour le régime et dont l’Histoire
n’a retenu aucun nouveau nom mais a gardé ceux déjà établi
comme Richard Strauss ou Orff ; les compositeurs, à l’inverse,
exilés, proche d’Arnold Schoenberg, pour la majorité,
qui n’ont pas voulu cautionner le régime. Dans cette dernière
catégorie, il y a, les exilés, comme Schoenberg qui vivra
en Californie ; et, les exilés intérieures, qui « s’auto
interdisent » comme Karl Amadeus Hartmann. Enfin, il y a les compositeurs
juifs que le régime s’est attaché à éliminer.
Mendelssohn en est l’exemple même. Le troisième Reich
tenta d’effacer sa mémoire, parce que de famille juive,
en détruisant un monument édifié en son honneur,
en 1892, et en aryanisant sa célèbre œuvre, « Songe
d’une nuit d’été ». Dans le camp de Terezin
(« Theresienstadt »), sorte de « cadeau offert aux
Juifs » par Hitler, les manifestations culturelles furent nombreuses
et cela, dès l’ouverture du camp. Récitals, musiques
de chambre furent très souvent à l’affiche. Ullmann écrivit
son Concerto pour Piano et sa Troisième Sonate pour des pianiste
solistes comme : Klein, Steiner-Kraus, Herz-Sommer, Arany. Cette vie
musicale s’éteint brutalement en octobre 1940, avec l’extermination
de ces musiciens.
Sous le troisième Reich, des compositeurs allemands furent vénérés
comme des dieux. Ce fut le cas de Beethoven dont la Neuvième Symphonie
fut l’œuvre de référence du Philharmonique de
Berlin ; ou d’Haendel dont la ville natale devint le haut lieu
des festivités en son honneur. Ils représentaient la germanité.
Mais Wagner fut le plus utilisé. Hitler disait de lui qu’il était
le seul prédécesseur légitime du national-socialisme.
La vie et l’œuvre de Richard Wagner.
Richard Wagner naît à Leipzig, le 22 mai 1813. Un an plus
tard, après la mort de son père, sa mère se marie
avec l’acteur Ludwig Geyer, qui pourrait être le véritable
père de Wagner. C’est à 15 ans qu’il découvre
la musique et qu’il décide de l’étudier en
s’inscrivant à l’Université de Leipzig. Beethoven
fait partie des compositeurs qui ont exercé une influence importante
sur lui. Son premier opéra, Les fées, s’inspirant
de Weber, est achevé en 1833. A la même époque, il
devient directeur musical aux opéras de Würzburg et de Magdebourg.
La création de Das Liebesverbot, en 1936, inspiré de Measure
for measure de Shakespeare, n’obtient pas énormément
de succès. Dans la même année, il épouse l’actrice
Minna Planer et emménage à Riga où il devient directeur
musical. Criblé de dette, Wagner s’enfuit à Londres
où il est pris dans une tempête qui lui inspire Le vaisseau
fantôme. Il termine Rienzi en 1840 et le fait jouer à Dresde
deux ans plus tard. Le succès est considérable. Le séjour
de Wagner à Dresde prend fin en 1846, en raison de son engagement
dans les milieux anarchistes. Il passe les douze années suivantes
en exil. Lohengrin est achevé avant l’insurrection de Dresde
en 1849 et Wagner demande à son ami Franz Liszt de le faire jouer
en son absence. En 1850, Liszt dirige lui-même la première à Weimar.
Pendant son exil à Zurich, il présente sa nouvelle conception
de l’opéra, la Gesamtkunstwerk ou « œuvre d’art
totale », dans laquelle musique, chant, danse, poésie, sont
mêlés de façon indissociable. La découverte
de la philosophie d’Arthur Schopenhauer et Mathilde Wesendonck,
vont être ses deux sources d’inspirations pour Tristan et
Isolde. En 1859, il retourne à Paris pour superviser l’adaptation
de Tannhäuser dont la création en 1861, fait un scandale.
Il s’installe ensuite à Biebrich en Prusse, où il
commence, « Les maîtres chanteurs » de Nuremberg. En
1862, il se sépare définitivement de Minna. A partir de
1864, la carrière de Wagner prend un virage spectaculaire. Le
jeune roi de Bavière, Louis II, passionné par ses œuvres,
le fait venir à Munich et s’arrange pour que Tristan et
Isolde soit représenté en 1865. Le succès est au
rendez vous. La même année, naît, de sa liaison avec
Cosima von Bülow, une fille illégitime : Isolde. Il l’épouse
en 1870 et aura encore une fille et un fils. Deux an plus tard, il choisit
la ville de Bayreuth pour accueillir sa nouvelle salle d’Opéra
: le Festspielhauss (« maison du festival »). Il ouvrit ses
portes en 1874 avec la création de la Tétralogie. Guillaume
II, l’empereur Pierre II du Brésil, le roi Louis II de Bavière
y assistèrent. Si du point de vue artistique, le festival connut
un succès remarquable, d’un point de vue financier, ce fut
un désastre. Wagner s’attelle à son dernier opéra,
Parsifal, en 1877 et le produit en 1882, lors du deuxième festival
de Bayreuth. Wagner s’éteint en février 1883 d’une
crise cardiaque.
L’antisémitisme de Wagner et l’appropriation de sa
musique par le régime nazi.
Durant toute sa vie, Wagner n’a cessé d’émettre
des opinions antisémites, accusant les Juifs d’être
des étrangers nuisibles à l’Allemagne. Il souhaite
leur expulsion ou leur assimilation à la culture germanique. Le
premier essai de Wagner est Le judaïsme dans la musique de 1850.
A l’intérieure de celui-ci, il se tente d’expliquer
la prétendue « aversion populaire » envers la musique
des compositeurs juifs comme Mendelssohn ou Meyerbeer. Pour lui, le peuple
allemand était repoussé par les Juifs à cause « de
leur aspect et de leur comportement d’étranger ».
Il le republiera en 1869, et de nombreuses protestations se firent entendre
lors d’une représentation des Maîtres chanteurs de
Nuremberg. A la mort de Wagner, Bayreuth devint le lieu de rassemblement
des groupes d’extrêmes droites, soutenus par sa femme Cosima.
Sous le régime nazi, Wagner fut un modèle. Hitler adorait
Wagner depuis son adolescence et voyait en lui, le précurseur
de son action politique. En 1939, Breker réalisa trois bustes
du compositeur, artiste élu, dont un fit partie des collections
personnelles d’Hitler. Ces œuvres du compositeur furent reprises
lors de nombreuses occasions comme, à Berlin en 1935, ou encore
lors du festival de Bayreuth de 1937. La musique de Wagner, tout comme
celle de Beethoven, a été choisie par le régime
nazi, parce qu’elle dégageait une force et une puissance
exceptionnelle et une certaine violence comme dans Walkyrie de Wagner.
Ceux qui l’écoutaient longuement donnaient l’impression
d’être en transe. Elle se trouvait proche des chants de guerres
allemands.
Sources
Encyclopédie Encarta
Le III Reich et la musique (livret de l’exposition)
www.musicologie.org
fr.wikipedia.org
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Le saviez-vous ?
Qui est-il ?
Carl Orff est un compositeur allemand, né en 1895, et mort en
1982. On lui doit de nombreuses œuvres, notamment théâtrales,
comme « La lune, un petit théâtre du monde », « L’astucieuse »,
ou encore, « Songe d’une nuit d’été », « Trionfi ».
Mais la plus célèbre est « Carmina Burana » composée
en 1837. De Carl Orff, on retient la Günther Schule, fondée
avec Dorothea Günther en 1924, où sa « Pédagogie élémentaire » verra
le jour. De Carl Orff, on se souviendra également le « Schulwerk » ou
atelier scolaire, émission de radio qu’il co-animait de
1948 à 1950. Mais également l’ « Instumentarium
Orff », atelier où il mit au point de petits instruments à percussions.
En quoi consiste sa pédagogie ?
La pédagogie de Carl Orff s’inspire des nombreuses recherches
philosophiques du début de son siècle, tournées
vers l’enfant. Il place au centre de sa réflexion l’enfant, être à part,
qu’il veut acteur de sa pédagogie. Le maître incarne
un guide qui donne des exemples et doit amener le jeune vers l’improvisation
et la création. Il considère que l’enfant possède
un développement psychique que les époques et le contexte
social peuvent faire évoluer mais pas changer fondamentalement.
Le contexte culturel est un élément très important
pour le développement de l’individu. Pour Orff, l’éducation
musicale et corporelle doit tenir compte de l’évolution
de l’enfant. Elle inclue le rythme, le corps, le langage, la parole,
et les instruments. Il prône une musique à vivre. Il ne
s’agit donc pas réellement d’une méthode mais
plutôt d’un travail avec l’enfant et non, pour lui.
La pédagogie Orff, privilégie la notion de groupe. Les
participants sont à la fois acteurs et spectateurs. La « musique élémentaire » ne
reposant pas sur des schémas préétablis, chacun
peut se l’approprier en fonction de ses possibilités. L’enfant évolue à son
rythme. L’apprentissage s’articule autour de quatre pôles
: la prise de contact avec des exercices dits sensoriels ; l’imitation
comprenant des exercices de répétition permettant l’amélioration
de la concentration et de la perception. Il y a également l’exploitation
où l’enfant s’approprie les modèles pour parvenir
enfin à l’improvisation. La pratique des instruments n’est
pas indispensable mais elle permet d’élargir le champ des
expérimentations. L’évolution à son rythme,
la pratique du langage, la parole, le rythme…sont des éléments
essentiels de l’enseignement du Jardin de Musique. Aujourd’hui,
la pédagogie de Carl Orff est utilisée un peu partout dans
le monde.
Marion Rigaud
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| Carmina Burana
L’opéra de Carl Orff, Carmina Burana était une commande
pour le régime nazi. Arrêtons nous sur cette œuvre
désormais célèbre.
Carmina Burana a été composée entre 1935 et 1936.
Il fut joué pour la première fois à Francfort le
8 juin 1937. Ce sont, en fait, des chants profanes pour solistes et chœurs,
accompagnés d’instruments. L’opéra est la première
partie d’un triptyque comprenant Catulli Carmina, composé en
1943 et Trionfi di Afrodite, le tout formant les Trionfi. Ce premier
volet se décompose également en trois parties : Primo Vere,
In Taberna, Cours d’amours.
C’est la première œuvre « acceptée » de
Carl Orff, puisque l’on raconte qu’après l’avoir
composée, il détruisit toutes les précédentes.
Le titre de l’œuvre vient d’un recueil de carmina, pluriel
latin de « carmen » signifiant « chanson ». Ces
manuscrits, écrits en latin et vieux bavarois ont été découvert
en 1803 dans la bibliothèque d’un monastère et datent
du XIII° siècle. Pourtant les textes sont profanes et vantent
les joies charnelles. Ils racontent la lutte entre l’homme et la
femme dans la recherche incessante, pleine de violence, de mensonge et
de vanité, de l’expérience érotique. Au final,
la victoire de l’amour est pure. C’est également,
un éloge à Fortuna, déesse de la chance et du hasard.
Beaucoup de chœurs et de percussions sont requis, et c’est
ce qui donne à l’opéra son dynamisme et sa force.
Si l’œuvre a longtemps été critiquée
pour son ambiguïté idéologique, elle s’est imposée
par sa dynamique, et sa puissance et a été reprise pour
de nombreuses fois, surtout « O Fortuna ».
Marion Rigaud
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Carl
Orff : DROIT DE REPONSE
Un article contradictoire a été proposé à partir
du site :
http://forums.telerama.fr? et
proposé par Albéric
pour contrebalancer
celui de Marion.Il offre une
contrpartie intéressante. Voici le courrier reçu ce jour :
Bonsoir
Je viens de découvrir sur votre site un texte
qui
m'appartient et que vous avez trouvé sur le forum télérama
concernant
Carl ORFF.
Il ne me semble pas avoir reçu
de votre part
de demande
de publication.
http://www.jardindemusique.org/PAGES/MEV/ARCHIVES%20MEV/MEV19.htm#orff
En outre sur la même page il est dit par marion Rigaud
que
Carmina
Burana était une commande pour le régime Nazi,
ce qui est
totalement faux.
Cette oeuvre a d'abord été rejetée
par le régime
qui la trouvait trop jazz et surtout les langues
employées
(latin, bavarois) étaient considées comme
de la sous culture.
Philippe saccomano
Association Carl ORFF France
http://pedagogie-orff.org
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Lettre au Jardin De
Musique
Dernier arrivé au
Jardin de Musique, depuis le mois d’octobre en tant qu’agent
administratif et culturel, je vous livre mes impressions après ces
quelques mois d’embauche.
Je n’imaginais pas la difficulté à travailler dans
une telle association. L’administration est parfois un vrai fardeau
; trier des dossiers, les ranger, les ordonner, et souvent tenter de corriger
les erreurs dues à mon manque d’expérience (je suis étudiant « donc » totalement
inadapté à une quelconque notion de travail en entreprise).
La diversité des taches est surprenante ; en l’espace de trois
mois je me suis retrouvé juriste, journaliste, secrétaire,
et même dessinateur... et la liste est longue. En clair une variété d’expériences
diverses plus ou moins captivantes, mais toutes essentielles et enrichissantes,
et qui portent des résultats visibles dans un délai relativement
court, ce qui est assez constructif et valorisant.
Le petit « plus » du Jardin de Musique est le fait que l’on
se sent vite impliqué dans l’association, car la démarche
pédagogique porte ses fruits même au-delà des cours
et des élèves, et j’ai été surpris de
voir les changements qui ont pu s’opérer en moi. Apprendre
est une démarche qui fait véritablement partie du quotidien
et ne se limite pas à une durée définie dans le temps,
ni se réserve à des personnes limitées.
Grâce à des gens passionnés, que ce soient les professeurs,
ou bien les élèves, ou bien encore toute l’équipe,
le Jardin De Musique est bien plus qu’une école de musique
; c’est une véritable école de vie.
Olivier
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Extrait des textes du cantate
traduit du bas latin et du vieux français, évoquant la dépravation
du monde, le besoin d'amour, et les excès liés à la
boisson et au jeu :
COUR D'AMOURS "Amor volat undique"
Pour voir l’ensemble de
la traduction de Carmina Burana, référez-vous à l’adresse
du site ci-dessous :
http://maddingue.free.fr/carmina-burana/
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(Chœur de filles)
Amor volat undique,
captus est libidine.
Iuvenes, iuvencule
coniunguntur merito.
(Soprano)
Siqua sine socio,
caret omni gaudio;
tenet noctis infima
sub intimo
cordis in custodia:
(Chœur de filles)
fit res amarissima.
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(Chœur de filles)
Amour vole partout,
saisi de désir.
Jeunes hommes et jeunes femmes
sont unis équitablement.
(Soprano)
La fille sans compagnon
manque tous les plaisirs;
elle tient la nuit la plus basse
profondément
cachée dans son cœur:
(Chœur de filles)
c'est la plus grande amertume.
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Témoignage sur Aïda Alécian
Entre exigence et amour
Ma grand mère n’etait pas une grand mère comme les
autres.
Et j’ai bénéficié d’un grand privilège
: de mes six à onze ans , elle me donna des cours particuliers
de piano.
C’était toujours une fête d’aller chez elle à Bécon,
mon petit verre de coca préparé à l’avance,
ainsi que sa somptueuse crème au chocolat concoctée rien
que pour moi…
Après ce bon goûter, il y avait la leçon : changement
d’attitude et d’atmosphère , ma grand mère
se changeait en professeur rigoureux et exigeant.
Si je n’avais pas appris mes gammes ou mon morceau, elle me grondait
parfois au point de me faire pleurer sur le piano. Mais au-delà de
l’exigence, avec un amour des enfants et de la musique- et de sa
petite fille que j’étais -, elle laissait une grande place à l’improvisation,
ce qui m’encourageait, de cette manière, à appréhender
le piano. En improvisant, j’etais libre, je jouais pour ma grand
mère et elle était ravie. Souvent même pour me récompenser
ou m’encourager, elle m’offrait une pièce de dix francs.
Je me sentais riche alors non pas pour la pièce mais pour la leçon
donnée.
Nedjma
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Etude sur l'enseignement
au Jardin De Musique
Fabien Chevalier
est organiste, compositeur, énergéticien
et également spécialisé en P.N.L (psychologie
neuro linguistique).
D’avril à juin 2004, il a enseigné au Jardin De Musique
en remplacement de Lidwine Arnould, alors en congé pour sa maternité.
Nous lui avons demandé un témoignage sur cette expérience,
nouvelle pour lui, de la pédagogie de groupe, ainsi qu’une
analyse sur le processus d’épanouissement de l’enfant.
Nous avons également voulu savoir comment l’enfant évolue
dans « l’espace-temps » musical du J.D.M. A l’automne dernier, une nouvelle a parcouru le Jardin de MUSIQUE
: "Lidwine attend un bébé" ! Pour qu'elle puisse
préparer ce merveilleux événement dans les meilleures
conditions, Eugénie a proposé à plusieurs professeurs,
curieux de la pédagogie qui est offerte par l’association,
de venir la remplacer en fin d’année scolaire. J'ai été l'un
de ceux-là.
Lidwine m'a d’abord invité à assister à plusieurs
de ses cours et à découvrir le Jardin de Musique que je
ne connaissais pas. Le premier jour, en ouvrant la lourde porte métallique,
j'ai ressenti une ambiance chaleureuse qui semble avoir imprégné les
murs des locaux du 42 boulevard de la Paix.
Avez-vous la chance d'aimer la musique (ce qui n'est pas le cas de tout
le monde) ? Pour ceux-là, chacun fait régulièrement
cette expérience : en entendant un morceau, quelque chose en nous
réagit. Des images nous passent par la tête, parfois des
sensations surviennent ; souvent des émotions nous envahissent
doucement. Chacun ressent la musique à sa façon et l'approche
ou la pratique d’une manière qui lui est propre.
La musique est un art, comme la peinture, la danse, l'architecture. L'écouter
nous donne parfois envie d'en jouer. L'art, c'est l’expression
d’un idéal, nous dit le dictionnaire. Comment passer de
quelque chose de "subtil" (essayez d'attraper la musique, vos émotions
et les sensations qu'elle vous provoque avec… vos mains !) à une
pratique dans le "concret" ? C'est ce que propose cette école
avec originalité.
L’apprentissage doit être un plaisir pour notre bonheur
et notre santé. La qualité d’accueil et la convivialité de
tous les professeurs met d’emblée dans de bonnes dispositions.
Une première constatation s'impose : s'il est très facile
de créer une cacophonie avec tout se qui peut produire du son,
jouer de la musique exige, par contre, une grande rigueur et beaucoup
de précision. La musique appartient au domaine sonore. Pour bien
la recevoir, il faut lui faire de la place. Elle se joue dans le silence.
Au Jardin de Musique, j'ai été frappé par le calme
qui règne pendant les cours. On se met en silence, on écoute
le professeur, on lui répond s'il pose une question. On peut l'interroger
tout aussi facilement. Chacun écoute celui qui joue. Si on joue
ensemble, on écoute attentivement les autres pour créer
quelque chose de beau et d'agréable. Le calme favorise la concentration,
nécessaire pour coordonner l'action des doigts sur les touches
et pour se mettre dans le bon rythme. Le calme favorise aussi la qualité de
nos perceptions dont les sens les plus sollicités seront l'ouïe,
la vue et le toucher. Il sera d'une grande aide pour prendre conscience
de la posture de notre corps. Le but est de se rendre présent à soi-même
et aux autres.
C'est simple, mais pas toujours facile à réaliser selon
notre état d'agitation et de disponibilité intérieure.
Les moines en consacrent leur vie entière à cela. C'est
dire qu'il y a là un large domaine à explorer et à maîtriser.
Si tout le monde racontait la même chose, on s'ennuierait très
vite. Ce sont nos différences qui font la richesse de nos rencontres,
humaines et musicales. Au Jardin de Musique, nous nous côtoyons
beaucoup les uns les autres. Et quand nous jouons ensemble, on s'aperçoit
rapidement que nos voisins ont tendance à aller plus vite ou moins
vite que nous. Il faut constamment s'ajuster, adapter son rythme intérieur
avec le rythme que le professeur détermine pour nous faire partir
correctement et que nous allons entretenir jusqu'à la fin du morceau.
C'est une technique qui s'acquiert et qui devient aussi naturelle que
marcher ou danser sans tomber. Le plaisir est encore plus grand quand
on a réussi à jouer à 2, 3, 4, 5 ou 6 en même
temps ! Il y a deux pianos dans les salles pour permettre cet "exploit".
Parfois, il faut s'arrêter et reprendre. C'est normal ; on apprend,
on cherche à comprendre.
Pendant la semaine, chacun reçoit un travail à faire. Le
cours de musique va être un moment important : on y vérifie
qu'on a travaillé dans le bon sens. À la maison, en travaillant
seul, on rencontre parfois des doutes ; on ne sait plus quel choix adopter
sur tel ou tel aspect technique. On explique notre problème au
professeur qui se montre toujours intéressé pour nous apporter
une réponse ou demander qu'un autre élève donne
la bonne réponse. Pendant le cours, si un passage musical se révèle
délicat à interpréter, le professeur peut proposer à la
classe de se scinder en plusieurs groupes autonomes de deux élèves.
Le plus compétents va faire progresser celui qui est le plus en
difficulté. Ces moments sont vécus dans la joie, comme
une récréation. C'est important de sentir que le professeur
nous fait confiance. C'est cette confiance qu'on emporte avec nous à la
maison et qui nous permet de travailler seul, sereinement.
Quand un morceau a été mis au point, il se passe quelque
chose de très subtil pendant son interprétation. Le calme,
la concentration, l'écoute attentive des autres et de ce que l'on
produit, notre ajustement dans le bon rythme, la confiance en nous-même
que l'on a développé, tout cela crée un climat dès
les premières notes jouées. Petit à petit, nous
allons à la rencontre de l'émotion qui vient à l'intérieur
de nous. À l'instant où l'on a fini, il y a un moment tout à fait
particulier qui se produit : pendant que le silence revient, on reçoit
comme un résumé de tout ce qu'on a ressenti pendant le
morceau. C'est très rapide et fugitif ; cela peut être fort.
C'est comme un cadeau que l'on reçoit.
Au Jardin de Musique, l'heure de cours hebdomadaire est à la fois
calme et intense. C'est l'aboutissement d'une semaine de travail personnel
et le départ pour une nouvelle semaine. Tout au long de l'année,
les cours se suivent sans se ressembler.
Chaque trimestre a sa particularité ; le dernier est de préparer
la grande fête de l'école. Il s'agit, en fait, d'un véritable
concert où chaque classe et quelques élèves solistes
présentent des morceaux devant un public composé de familles
et d'amis. Chaque détail est soigneusement pensé et préparé,
depuis l'accueil, la décoration, l'enchaînement et les mouvements
dans les coulisses en passant par le réglage des lumières.
Tout est fait pour donner à chacun, selon son rôle, de pouvoir
créer et recevoir une musique de qualité qui nous élève
et nous appelle à découvrir autant de choses nouvelles à l'extérieur
de nous qu'à mieux connaître ce qui se passe à l'intérieur.
Fabien CHEVALLIER, décembre 2004 Musicien, éveilleur,
(optionnellement Maître-Praticien en P.N.L., suivant le contexte).
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Vous
aviez envie d’en parler. Coup de foudre, coup de colère.
Cette page est la vôtre
Puisque Musique En Vie m’ouvre ses pages, voici le récit
d’une aventure tragique.
Je vous la raconte pour vous alerter de dangers auxquels on peut
s’exposer dans certains métiers actuels et soit disant
musicaux …
Comme tous les élèves du JDM doivent le savoir, la
Musique, avec un grand M, regroupe une vaste palette de genres de
plus en plus hallucinants. Ce qu’on vous enseigne au JDM c’est
de la motivation, de l’effort, mais aussi des encouragements.
Ce que vous apprenez ainsi prend, certes beaucoup de temps, Paris
ne s’est pas fait en un seul jour, dit-on…Et ces efforts
là nous sont payés de retour par le plaisir qu’ils
nous procurent, pouvoir jouer une valse de Chopin après des
mois d’entraînement par exemple. Mais certains jeunes,
et de plus en plus tôt, rêvent et misent sur une carrière
d’artiste dont ils pourraient vivre, mais aussi sur ce besoin
latent d’être reconnu, sans parler de la « star
attitude » qui caractérise le 21éme siècle.
Alors attention jeunesse ne te brûle pas les ailes par des
illusions qui ne sont pas forcément lucides. Il y a toujours
eu des stars et des artistes reconnus, et pourquoi pas vous, qui
lisez cet article ne le deviendriez vous pas un jour prochain ? C’est
tout ce je vous souhaite, à une seule condition : de ne pas
perdre votre intégrité et de vous protéger de
milieux musicaux qui font miroiter (aux jeunes surtout) mille et
une merveilles, des escrocs sans valeurs qui détruisent parfois
de véritables musiciens et anéantissent des vies comme
dans l’exemple qui suit.
J’avais une amie qui avait vraiment du talent en musique, elle
touchait un peu à tout : guitare, piano, chant surtout : chansons à texte
et pour gagner sa vie et payer ses cours, elle servait dans un bar à Paris.
Après le travail elle fréquentait les boites les plus « in » de
Paris où elle espérait rencontrer des stars mais aussi
des agents, des managers. Elle était bien sûr très
sexy pour avoir toutes ses chances. Son désir de chanter était
si puissant qu’elle se débrouillait toujours pour avoir
une carte de visite, et parfois poussait la chansonnette en fin de
soirée. C’est qu’elle était très
gonflée et persuadée qu’elle y arriverait. Jugez-en
vous-même en lisant un de ses textes :
« Écoutes goutte à goutte
J’avance coûte que coûte
Fière tel un scout
Et personne ne pourra m’barrer la route ».
En dehors des sorties en boites, elle s’enregistrait dans son
petit home studio, on ne peut plus traditionnel et envoyait des maquettes
par ci par là.
Un jour un haut nom (que je dois malheureusement taire) la contacta.
Elle fut si surprise d’avoir une réponse et si heureuse
qu’elle accepta de le rencontrer pour discuter d’un éventuel
contrat.
Bien sur elle le connaissait de renommée car il avait produit
des groupes qui sont aujourd’hui célèbres. Et
donc elle misa tout sur lui ; qui lui chantait qu’elle serait
bientôt une star.
Mais pour cela il lui demanda une somme exorbitante pour réaliser
un seul titre et, aveuglée par le désir d’être
enfin reconnue, elle rassembla toutes ses économies et les
lui donna sans qu’aucun contrat ne soit signé. En ce
qui concernait le domaine juridique elle était paumée,
mais il lui laissa entendre qu’après un premier enregistrement
il la déclarerait à la S.A.C.E.M, chose qu’il
ne fit naturellement pas…
Sacré « voleur de rêve ». Il faut dire qu’elle était
un peu naïve et mal avisée, mais qui ne l’est pas à vingt
ans ?
Pour finir il composa un air qui ne collait pas du tout avec la chanson.
Ce qui la fit se sentir déçue et trahie. Mais il lui
promit qu’elle enregistrerait rapidement en studio, moyennant
une mise financière de nouveau. Elle donna le reste de ses économies
et se saigna au travail en abandonnant aussi ses cours.
La suite ? Elle n’alla jamais en studio. Mais à chaque
fois qu’elle revenait chez ce type, il y avait un nouvel ordinateur
haut de gamme, ou encore des appareils haute technologie. Elle comprit
enfin qu’il l’utilisait et qu’il ne ferait jamais
rien d’autre que l’exploiter pour son propre confort.
Elle finit par comprendre, un peu tard (mais ne vaut il mieux pas
trop tard que jamais ?) que ce n’était qu’un escroc,
une sangsue. Elle stoppa net, écœurée, plus un
sou en poche, victime d’un milieu de requins.
Neige Brune
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