Musique en vie Octobre 2003
Extraits de Musique en Vie
Octobre à Décembre 2003
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L'Editorial d'
Eugénie Alécian
Articles de fond

Actualités du spectacle:
par Françoise Malettra

article paru dans www.altamusica.com

Musique actuelle

 

Par Caroline Valt

Divers
La rentrée

L'oeil écoute

Portrait de
Chaliapine en Holophène

Le violoniste
Maxim Vengerov
et L
'Orchestre de Paris
à Mogador

A la découverte du
Trip-Hop

L'Editorial d'Eugénie Alécian

La rentrée…
C’est fait ?
Un vrai bonheur.
Nos élèves nous manquaient, et nous avons senti que nous leur avions également manqué.

Cette reprise est comme de l’oxygène tout neuf et régénérant.
Mais les vacances aussi, c’est bien, et nous n’avons pas boudé cette période, elle aussi régénératrice.
Pour tous ceux qui s’inquiète de cette « trêve », n’ayez crainte : rien ne se perd, bien au contraire. Car la musique reste tout le temps en nous et ce n’est pas seulement à l’instrument qu’elle se pratique, mais mentalement et émotionnellement aussi.
Attention, je parle des vacances ! Dans l’année, plus on en fait, et mieux on se porte !

Alors ensemble, nous nous efforcerons de vivre encore la musique pour partager sa force, sa beauté et son équilibre.
Oui, il y a bien tout ça dans la musique, et qui est très contagieux. Dans les 2 sens d’ailleurs : qui donne reçoit et c’est grâce à cela que nous trouvons une équipe épanouie au Jardin de Musique.

L’équipe, c’est nous, c’est vous, c’est un tout, c’est
LE Jardin de Musique.

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Théâtre Mogador, Paris
Le 11/10/2003 Maxim Vengerov et l'Orchestre de Paris

Ouverture de fête pour la saison 2003/2004 de l’Orchestre de Paris, qui mobilisait une nouvelle fois toutes ses forces dans un programme ambitieux, en y ajoutant la présence d’un des violonistes les plus excitants de la génération, le russe Maxim Vengerov.

Plus un fauteuil de libre au Théâtre Mogador, dès l’annonce des deux premières soirées. Ce qui fait cruellement ressentir l’urgence pour l’orchestre de s’installer dans une salle de concert digne de ce nom, où visiblement il n’aurait aucun mal à attirer un public en beaucoup plus grand nombre. Une situation aberrante qui l’oblige à multiplier les manifestations de tous ordres (même si on ne peut que s’en réjouir) pour répondre à une évidente demande, et qui devrait décider les autorités de tutelle à passer sérieusement à l’action. Un Orchestre de Paris qui apparut en grande forme, faisant d’entrée de jeu la preuve de l’excellence de tous ses pupitres, avec quelque mérite tant l’Ouverture du Roi Lear n’a franchement rien d’exaltant.

La suite du programme allait lui donner l’occasion d’une belle revanche, avec d’abord la Symphonie espagnole de Lalo, aux côtés d’un Maxim Vengerov dont l’arrivée fit monter en puissance la tension dans la salle. Si l’on a rarement entendu l’ex-jeune prodige (aujourd’hui proche de la glorieuse trentaine), dans la musique française, c’est que cet amoureux de notre pays a pris le temps de s’imprégner de sa culture et surtout de se pénétrer de son répertoire musical, laissant sa nature faire le reste. Son exécution, brillantissime, de la Symphonie espagnole ne fut pas uniquement celle d’un impressionnant virtuose, mais celle d’un musicien doué d’une sonorité somptueuse et d’une sensibilité à fleur de peau, lui permettant d’exprimer la joie débordante de la partition, sa sensualité, ses jeux d’ombre et de lumière, accompagné par un orchestre qui lui consentait manifestement le champ libre. Embrasé, le public lui réserva l’ovation des grands soirs. Il y répondit en faisant appel à Bach, dont il aimerait que la musique fût « le symbole de la paix dans le monde ».

Et c’est un Orchestre de Paris en pleine possession de ses moyens, toutes ses énergies concentrées, qui donna une magnifique interprétation de la Symphonie Titan de Gustav Mahler, rendant largement justice au compositeur qui déclarait : « La symphonie est comme le monde, elle doit tout embrasser ». De l’éveil de la nature dans lequel baigne un premier mouvement puisé aux sources du romantisme allemand, au climat fiévreux qui lui succède, tempéré par un élégant et très viennois Trio, des variations solennelles sur le thème de « Frère Jacques » jusqu’au lyrisme flamboyant du final, Christoph Eschenbach a porté l’orchestre à son plus haut niveau. Le public ne s’y est pas trompé qui lui a fait un véritable triomphe.

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Le portrait de Chaliapine, célèbre interprète russe, en Holopherne de 1908 (voir reproduction), conservé à la Galerie Trétiakov de Moscou est l’oeuvre du peintre Alexandre Golovine (1863-1930) qui comme de nombreux artistes russes en plus des formations à Moscou et Pétersbourg complète son apprentissage à Paris. Membre du fameux « Monde de l’art », il fréquente le milieu fécond et novateur des théâtres russes pour lesquels il réalise de nombreux décors.

Dans ce portrait, le décor est coloré, détaillé. Le mobilier, les ornements muraux sont d’une précision archéologique. Ils témoignent des découvertes faites au XIXème siècle lors des campagnes de fouilles menées en Assyrie et reflètent l’intérêt que porte Golovine aux objets qui, dans ses portraits, permettent de cerner davantage les personnalités. Allongé sur un lit, Chaliapine dans son rôle d’Holopherne porte vêtements, barbe et bijoux qui évoquent les bas-reliefs assyriens. Tout, jusqu’au mouvement angulaire des bras, notamment celui qui porte une coupe, rappelle ces sculptures et la mise en scène de l’opéra Judith crée en 1863 par Alexandre Sérov (1820-1871), compositeur autodidacte peu connu, influencé dans ses créations par le drame wagnérien. L’idée de « bas-relief animé » pour la mise en scène est attribuée à Chaliapine ou au peintre Valentin Sérov (1865-1911) fils du compositeur. Lors d’une soirée, le peintre aurait suggéré à Chaliapine son jeu en imitant un bas-relief assyrien. Chaliapine saisit alors une coupelle et se jeta sur un sofa interprétant l’ivrognerie d’Holopherne. Golovine qui participa à cette soirée s’en serait inspiré pour sa composition picturale.
Ce traitement scénique particulier, ce rendu sculptural d’Holopherne sur les planches impériales enflamment les critiques. Le public voit se mouvoir sur scène un Holopherne « authentiquement original tout droit sorti des entrailles d’un sarcophage assyrien » qui au son de la musique d’Alexandre Sérov, avec l’interprétation et la voix de Chaliapine répond au dictat de leur imaginaire. Le sanguinaire Holopherne, général de Nabuchodonosor assiège Béthulie en Palestine. Judith, pour sauver sa ville le séduit, l’enivre et le décapite ! Les mouvements originaux de cette mise en scène novatrice en 1898 sont gardés en 1907 sur la scène du Mariinsky à Pétersbourg.
Holopherne sur son lit s’enivre, la musique de Sérov accompagne Holopherne sur ce qui sera son lit de mort, Chaliapine chante et « l’oeil écoute »...

MUSIQUE ACTUELLE

A la découverte du Trip-Hop.

Mais qu'est-ce que c'est donc ?

Le trip-hop, vous vous en serez douté, est un genre musical, et comme tous les genres musicaux, sa définition est plutôt difficile à établir.

On peut en dire que c'est la version moderne de la soul, un mélange de beaucoup de styles non définis des années 90, le croisement actuel de l'electro, du jazz et du hip-hop. Mouvement naissant au début de la décennie 90, le trip-hop est depuis le début du 21ème siècle un mouvement essentiel. Depuis 2000, on a l'impression que tout a déjà été fait, il reste donc à innover avec du vieux. Et les grands expérimentateurs de sons s'y sont retrouvés. L'important est de créer un son rythmé, expressif et "qui passe bien", dans le jargon :qui fait passer des "good vibes". Un peu comme un pacte de non agressivité, le trip-hop est facile a abordé pour peu que l'on ne soit pas complètement réticent (n'est-ce pas Eugénie ? ) aux rythmes électroniques.

Pour mieux comprendre ce genre, il faut revenir à ses origines.

Le hip-hop et le rap, styles nés avec les années 80, ont fait connaître des artistes tels que Public Enemy ou Africa Bambatta, et ont défriché une nouvelle vague d'utilisation de la parole ce qui a fortement influencé des musiciens trip-hop incontournables comme DJ Shadow ou son homologue japonais DJ Krush.

La soul y tient aussi une place très importante. Musique noire par excellence, c'est là que le trip-hop a puisé tout son feeling, s'inspirant des plus grands : Isaac hayes, Marvin Gaye et une bonne partie des artistes des labels Motown et Stax.

Autre influence importante: les musiques populaires symphoniques des années 60/70 ou l'easy listenning , de Michel Legrand à Quincy Jones, en passant par Burt Bacharach ou Erik Satie.

Plus récents car datant des années 80, l'acid jazz ou la house ont également préparé le terrain à ce nouveau style.

Le terme de "trip-hop" est du à un journaliste du magazine Mixmag, et c'est l'abréviation de l'expression "abstract hip-hop". Les albums fondateurs qui ont inspiré ce joli néologisme sont les très remarquables Blue Lines de Massive Attack (1991), Dummy de Portishead (1994) et Maxinquaye de Tricky (1995).

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DISCOGRAPHIE

Pour découvrir cette musique voici quelques albums à savourer:

Par Josh Davis de San Fransisco alias DJ Shadow
? Endtroducing (1996)
? Preemtive Strike (1997)
? The Private Press (2002)

Par Hideaki Ishii de Tokyo alias DJ Krush
? Meiso (1995)
? Ki-Oku (1998) avec le trompettiste Toshinori Kondo
? Zen (2001)

Par Adrian Thaws de Bristol alias Tricky
? Maxinquaye (1995)
? Pre-millenium Tension (1996)
? Vulnerable (2003) son dernier album avec lequel Tricky a fait un retour en force et a forcé l'admiration durant les concerts donnés pendant les festivals de l'été notamment aux Eurockéennes de Belfort .

Par Massive Attack
? Blue Lines (1991)
? Protection (1994)
? 100th window (2003)

Par Björk
? Homogenic (1997)
Et oui car moi, contre certains avis, je range notre chère Islandaise dans le trip-hop, et ce jusqu'à ce qu'on m'indique un classement plus judicieux.

Bonne écoute à tous !