ARCHIVES DE MUSIQUE EN VIE TEMOIGNAGES

LA VIE DU JARDIN Souvenir en Acrostiche de Clothilde

 

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Etre assisante au Jardin de Musique

Ecoute aveugle

LA VIE DU JARDIN

La Journée "Portes Ouvertes" du samedi 31 janvier 2004.vécue par Clothilde

 

Journées portes ouvertes
Au Jardin de Musique;
Rendez-vous musical,
Découvertes aussi.
Invités tous vous l’étiez
Nouveaux comme habitués.

De cette journée
Enrichissante

Multiples souvenirs resteront;
Un moment de partage
Sous le signe de la bonne humeur,
Improvisations ou préludes,
D’œuvres jouées avec tant de bonheur
U n style ou un autre, qu’importe !
Ensemble, tous nous étions...

Voilà ! Ce n’est qu’un petit poème sans prétention,
juste pour faire passer le message
d’un moment de pur bonheur vécu tous ensemble
@ bientôt, Clotilde

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Etre assistante au Jardin de Musique

Ecoute aveugle

ETRE ASSISTANTE

Cette année, Claire et Cécile, élèves au Jardin de Musique depuis de nombreuses années, assistent Lidwine dans ses cours de 2ème année….
Une pratique qui ravit les assistants, les élèves et les professeurs.
Pour mieux comprendre comment tout cela fonctionne, je suis allée interroger les principales intéressées…


Voici tout d’abord ce qu’en dit Eugénie Alécian, la directrice du JDM:

"C’est la base de la méthode du Jardin de Musique ! Le Jardin de Musique a commencé comme ça. J’ai moi-même été élève, puis j’ai formé des professeurs qui ont formé des élèves et ainsi de suite.
Dans un groupe, il y a une émulation qui se crée. Chaque enfant fait profiter aux autres enfants de ce qu’il sait. Et de fil en aiguille, l’enfant devient assistant d’un professeur. En aidant l’autre, on développe un esprit critique. Sous la direction du professeur, on comprend le pourquoi et le comment des choses, cela se répercute sur soi, cela amène à mieux se gérer, à mieux se comprendre soi-même et en définitive à faire des progrès."

Qu’en dit Lidwine ? Pour elle c’est une expérience toute nouvelle…

« Pour moi, c’est une première expérience et c’est très réussi. Avoir une assistante permet de prendre plus de temps avec les enfants qui ont des difficultés, ou au contraire ceux qui avancent plus vite.

Je veille à ce que les assistantes travaillent avec des enfants différents à chaque cours ; pour varier le travail, pour garder un contact proche avec chaque enfant et garantir l’homogénéité du groupe. Pour les enfants, c’est vraiment un plus.
Lorsqu’elles prennent un, deux ou trois enfants à part, je leur indique ce qu’il faut travailler et comment. Cependant, je ne suis pas tout le temps derrière leur dos et notre relation marche sur la confiance. Très vite je leur ai donné des responsabilités. Je veille toujours à leur confier des tâches à leur niveau pour qu’elles se sentent à l’aise.
Ce sont de supers assistantes !

Claire
L’année dernière, j’ai commencé à assister Eugénie dans ses cours. Ca m’a tellement plus qu’à la rentrée, c’est moi qui ai voulu continuer. Eugénie m’a donc proposé d’assister Lidwine dans son cours de deuxième année.
A.H. : Comment se passe un cours ?
Les enfants travaillent tous le même morceau, mais pas tous au même rythme. D’où l’intérêt de les faire travailler en petits groupes à l’intérieur du cours. Le but est de leur expliquer ce qu’il n’ont pas compris et de les aider dans leur travail personnel.
On ne les fait pas travailler plus de 10 minutes, puis on fait un petit rapport à Lidwine s’il y a vraiment des problèmes.
A.H. : Et pourquoi cela te plaît tant ?
J’adore ça parce que j’aime beaucoup les enfants et que c’est un moment privilégié où on peut vraiment s’exprimer. Comme on est déjà passé par les mêmes étapes qu’eux, on les comprend, c’est plus facile de se mettre à leur place. En tous cas, on en découvre tous les jours !

Cécile
« C’est une très bonne expérience. On apprend beaucoup de choses, principalement à être patient. Travailler avec des enfants c’est assez fatigant car il faut répéter souvent la même chose et recommencer les exercices plusieurs fois. C’est parfois frustrant quand ils ne comprennent pas quelque chose qui nous paraît très simple. Dans ces cas là, Lidwine vient à la rescousse.
Mais c’est très positif et très enrichissant car on a l’impression de faire quelque chose d’utile.
En général, je « surveille » un piano et Lidwine un autre, je chante avec eux, je vois si les notes sont justes. Au début, je ne savais pas trop quoi faire ou dire ni comment intervenir, mais Lidwine nous donne des indications très claires et nous aide si on a un problème.
C’est aussi très stimulant parce qu’il faut assurer en déchiffrage, en rythme, en chant etc…

 

 

Ecoute à l'aveugle.

Comment j'ai découvert une nouvelle façon d'écouter la musique…d'apprendre en s'amusant, de progresser à l'écoute des autres. Mercredi 4 avril, au comité d'entreprise de l'industrie aéronautique Dassault, j'ai pu être la complice d'une expérience musicale des plus surprenantes. Eugénie Alécian, qui y donne des cours de musique deux fois par semaine, avait réuni ce jour là tous ses éléves, tous niveaux confondus pour un exercice peu ordinaire. La régle du jeu était simple. Tous les participants avaient les yeux bandés. Chacun devait jouer à tour de réle le Premier Prélude de Bach. La vue leur était rendue lorsque c'était leur tour de jouer. Les auditeurs "aveugles" devaient prendre des notes sur chaque écoute et tenter de reconnaître la personne qui jouait. Le silence le plus total était requis à l'interpréte de maniére à ce qu'il ne puisse pas se trahir pas des tics ou des paroles (combien d'adultes s'éclaircissent la voix avant de jouer en public…une façon d'apprivoiser son auditoire, de tromper son trac ?) Denier détail : avant de commencer l'expérience, Eugénie et moi-même avons déplacé les candidats pour finir de les désorienter totalement et brouiller tous les repéres ! Tous se sont prêtés au jeu avec beaucoup d'enthousiasme mais aussi énormément d'appréhension. Tout était prêt, le jeu pouvait commencer. Tous les pianistes jouérent à tour de réle. L'atmosphére était lourde de concentration. A la fin de cette premiére partie de l'exercice, tout le monde enleva son bandeau. Chacun fut invité à s'exprimer et à livrer ses impressions sur chaque interprétation et enfin tenter d'identifier chaque participant. Les résultats furent étonnants ! Il est fascinant de voir à quel point une écoute peut être différente lorsque le visuel ne vient pas perturber la perception de la musique. Entendre sans voir peut totalement changer l'appréciation que l'on se fait d'une musique et de son interpréte…d'ailleurs beaucoup de concours et auditions se font à l'aveugle…les candidats jouent derriére un paravent ! L'une des choses qui me frappa le plus est que la plupart des femmes qui jouérent furent prises pour des hommes et vice versa. Les interprétations tintées d'une grande sensibilité et douceur étaient souvent le fait des hommes et beaucoup s'y trompérent. Trés peu reconnurent l'interprétation d'Eugénie, leur professeur. Tous les participants furent surpris des résultats ! Cet exercice leur a permis de réfléchir sur leur propre interprétation, de lever des préjugés et de voir leurs "collégues" sous un nouveau jour. Gageons qu'ils n'écouteront ni ne joueront plus jamais de la musique de la même maniére… Senda Elouni, témoin et complice… Un orchestre symphonique au Jardin de Musique ? Qui a dit que l'analyse était un exercice fastidieux ? Avec Patrick, un atelier d'analyse devient un véritable atelier de chant, d'expression corporelle et on y fait même du piano. A la fin de l'atelier du 27 janvier, basé sur l'analyse, avec partition d'orchestre et écoute sur disque, du deuxiéme mouvement du Concerto Nç 21 en Ut Majeur de Mozart, les voisins du Jardin de Musique ont du se demander si un véritable orchestre symphonique n'avait pas investi l'école ! Pour la plupart des participants, c'était la premiére fois qu'ils voyaient une partition d'orchestre ! En effet cet atelier était ouvert à tous quel que soit leur niveau pianistique. Aprés une courte présentation du compositeur, de l'histoire du Concerto et du contexte historique et musical, les stagiaires ont d'abord identifié les différentes parties mélodiques, et ont été invités à les vocaliser et à les exprimer corporellement (?). Ensuite a suivi une lecture solfégique des différentes parties mélodiques (c'est-à-dire en chantant le nom des notes). Cette identification des différents voix méne naturellement à l'analyse harmonique. L'analyse harmonique consiste à identifier à un moment donné les différents notes jouées par les différents instruments de l'orchestre (contrebasses, violoncelles, violons, les deux parties du piano et la flûte par exemple -qui intervient en contre-chant). Tous ces instruments joués en même temps forment une harmonie, que l'on identifie par la lecture verticale. Aprés ce "décorticage", chaque personne s'est vue "attribuer un instrument" pour en chanter la partie. La derniére étape a consisté à mettre tout le monde au piano, chaque pianiste interprétant la voix d'un instrument différent, de la contrebasse au piccolo ! Je vous laisse imaginer le résultat… Mais il est fou ce Patrick !!